Les records de chaleur se succèdent d’une manière devenue tristement banale avec le mois de juillet le plus chaud à l’échelle planétaire cet été, confirmant l’emballement du réchauffement. La multiplication des manifestations du dérèglement est perceptible aux yeux d’un lecteur au fait de l’actualité, qu’il s’agisse cet été de la canicule inédite qui frappait l’ouest nord-américain, des inondations survenues dans plusieurs pays d’Europe ou encore des perturbations actuelles du régime des moussons en Asie. Ces dernières réduisent à néant la récolte des ressortissants de la zone tandis que celle des fermiers nord-américains fut anéantie par la canicule, revalorisant du même coup le marché des céréales au profit des agriculteurs européens. En bref, les difficultés des terres agricoles à nourrir les peuples se multiplient à mesure que le dérèglement s’amplifie, tandis que les forêts du monde entier s’embrasent toujours davantage.
Pourtant, le GIEC persiste à minimiser l’ampleur de la menace puisqu’il n’hésite pas à conclure dans son dernier rapport, qu’une augmentation de la température moyenne planétaire de seulement 1,5°C est toujours possible, même si ce seuil serait atteint beaucoup plus tôt que prévu. La litanie rassurante du réchauffement occulte la menace du dérèglement. Même pas mal. Face à l’ampleur de la menace, cette prise de position du GIEC me semble irresponsable sachant que l’action des politiques est pour l’instant loin d’être à la hauteur de l’enjeu. Peut-être parce qu’ils sont distraits tout comme les populations, par les préoccupations immédiates liées au Covid. Alors qu’une action urgente est requise compte tenu de l’aggravation accélérée de la situation climatique et du temps nécessaire à la mise en œuvre des solutions. Je pense que l’une des raisons de l’inconséquence de la communauté scientifique tient au fait qu’aveugle aux liens entre le dérèglement et l’agriculture, elle n’a pas encore pris la mesure de la gravité des conséquences de l’un sur l’autre.
Combien de temps faut-il encore attendre avant que le GIEC change de grille d’analyse du changement climatique ?
