Trail addict (English)
Féru des activités de plein air que j’ai la chance de pouvoir pratiquer dans les Alpes, j’ai ouvert dans ce blog en janvier 2024 une rubrique dédiée au trail auquel je m’adonne en dilettante, loin des courses populaires. A l’instar de celle qui concerne le changement climatique et ses conséquences sur le vivant, elle propose un contenu unique en ce sens qu’il est constitué d’expériences et d’idées originales qui j’espère, inspireront les pratiquants qui ne manqueront pas de laisser leurs commentaires.
Sommaire
- Mes motivations pour le trail
- L’équipement du trailer
- Avant et après le trail
- La technique du trailer dilettante
- L’appui sur l’avant du pied est la base d’une technique efficace…
- …mais pas que…
- A chacun sa cadence
- S’affranchir de la condition du bipède
- Le pas de terrain roulant
- Le pas de faux plat
- Le pas de montée raide
- Le pas de descente raide
- Pour une gestion harmonieuse de la trajectoire
- Quelques conseils annexes

Mes motivations pour le trail
Au fil des années, le trail est devenue l’une de mes activités favorites car le contact avec la nature est au cœur de mes besoins, pour différents motifs évoqués dans la rubrique où je me présente.
Cette activité permet de couvrir de grandes distances sur les terrains les moins praticables qui s’avèrent être souvent les plus sauvages, et de découvrir ainsi de nouveaux horizons situés au delà des sentiers battus.
Dans les Alpes oĂą l’on butte rarement sur les limites de propriĂ©tĂ© qui mutilent la plupart de nos espaces anthropisĂ©s, notre mobilitĂ© tout comme notre imagination ne connaissent pas de bornes. Grâce Ă la dimension verticale qui fait la singularitĂ© de la montagne, j’aime Ă dire qu’on a le privilège d’y vivre en 3D.
Le caractère furtif d’une activité pratiquée au pas de course, présente l’avantage de libérer du temps pour la vie familiale qui est trop souvent concurrente de mes passions.
Au contraire de la masse en expansion continue des trailers qui sont animĂ©s par l’esprit de compĂ©tition, je pratique le trail en solitaire – ou avec mes amis – car c’est Ă moi mĂŞme que je prĂ©fère me mesurer. Loin de l’agitation des foules bruyantes, je me tiens Ă l’écart des courses populaires de plus en plus nombreuses.
C’est ainsi que je suis libre de décider du moment et de l’endroit de mes escapades, ce qui me permet de me soustraire à la dictature du temps et du lieu que tout un chacun subit par ailleurs pendant sa vie professionnelle où il est tributaire d’un agenda imposé par un collectif. En outre, j’ai le privilège d’esquiver les intempéries que m’imposerait une organisation subie.
J’apprĂ©cie la sobriĂ©tĂ© matĂ©rielle de ce sport dĂ©mocratique par excellence, puisqu’il est accessible Ă tous sans distinction de genre, d’âge ou de constitution. Et ce indĂ©pendamment de ses revenus puisque le trail qui ne nĂ©cessite rien d’autre qu’une paire de chaussures, repose uniquement sur le physique et le mental.
Sur ce dernier point, j’ai remarqué que la course permet de dissiper les émotions négatives en rétablissant une pensée fertile qui favorise l’émergence d’idées nouvelles. Celle-ci me permet de dénouer nombre de situations inextricables et de trouver une issue positive à la plupart de celles qui m’apparaissent comme des impasses. J’ignore quel est le mécanisme en jeu dans ce processus providentiel mais je sais que les vertus relaxantes de la course sont corrélées à la sécrétion d’endomorphines qui donne un caractère addictif à cette activité dont on devient vite esclave à son corps défendant.

Au delĂ des ressorts prĂ©cĂ©dents, je suis sans aucun doute animĂ© par les pulsions animales inconscientes qui procèdent de notre passĂ© biologique singulier marquĂ© par la poursuite sur de très grandes distances, des proies qui assuraient notre subsistance. A la lumière de dĂ©couvertes rĂ©centes, Chis Mc Dougal (Born to Run, Ed. Paulsen, 2022) explique en quoi l’espèce humaine s’est spĂ©cialisĂ©e dans la chasse Ă l’épuisement qui lui a donnĂ© accès Ă la viande nĂ©cessaire au grossissement de son cerveau. Cette adaptation date de la pĂ©riode intermĂ©diaire entre celle oĂą l’homme devenait bipède il y a deux millions d’annĂ©es et celle oĂą il inventait l’arme de jet il y a deux cent mille ans. Entre autres prĂ©dispositions Ă de longues courses poursuites, Homo Sapiens est avantagĂ© par son corps glabre Ă mĂŞme de transpirer pour se refroidir, tandis que ses proies handicapĂ©es par leur toison, succombaient inĂ©luctablement Ă l’hyperthermie. Certains pensent mĂŞme que par son endurance hors norme dans le règne animal, Homo Sapiens aurait supplantĂ© son proche parent NĂ©andertal qui Ă©tait pĂ©nalisĂ© par sa forte pilositĂ© doublĂ©e d’une corpulence encombrante. Partant de lĂ , l’homme moderne aurait remportĂ© la compĂ©tition pour la nourriture protĂ©inĂ©e Ă une Ă©poque oĂą les grands mammifères se faisaient plus rares Ă mesure que la dernière glaciation se profilait. Coureurs par nature, nous serions redevables du bien ĂŞtre que procure le trail, Ă cet hĂ©ritage singulier qui fait de notre espèce le champion toutes catĂ©gories de la course longue distance.
ÉdifiĂ© par ces connaissance nouvelles, j’étais sur le point de revenir sur ma rĂ©ticence Ă pratiquer l’ultra-trail que je suspectais Ă tort d’être contre nature et partant de lĂ , dĂ©lĂ©tère pour l’organisme. C’était sans compter sur un article rĂ©cent qui valide effectivement cette hypothèse pour le cas particulier des ultra-trails qualifiĂ©s d’extrĂŞmes (Les ressorts de la performance en ultra-endurance, Le Monde, 24 octobre 2023). Au delĂ du seuil des 100 miles, les auteurs de cet article (Nicolas Berger, Guillaume Millet…) font Ă©tat d’une sĂ©rie de problèmes spĂ©cifiques que sont les altĂ©rations des muscles locomoteurs et respiratoires, troubles digestifs, complications rĂ©nales et hypothermie. Ils en dĂ©duisent que les distances des Ă©preuves hors norme de l’ultra-trail sont probablement hors de proportion avec celles que parcouraient nos ancĂŞtres au cours des chasses Ă l’épuisement. J’ai donc rĂ©primĂ© mes ardeurs pour me limiter Ă des ultra-trail dont la distance est infĂ©rieure au seuil critique des 100 km en sachant qu’à cette condition, de nombreuses sources confirment Ă l’unanimitĂ© les bienfaits de la course Ă pied pour le corps et le mental. A cet Ă©gard, les motivations hygiĂ©nistes ne sont pas Ă©trangères Ă ma passion pour le trail.
Pour clore le sujet des motivations qui sous tendent ma pratique, j’évoquerais l’une des facettes insoupçonnĂ©es de cette activitĂ© qui consiste dans le plaisir ludique d’une technique que je ne cesse d’enrichir au fil du temps. CentrĂ© sur mes postures et sensations, je dĂ©couvre en appliquant certains mouvements de base que j’avais assimilĂ©es en randonnĂ©e pĂ©destre, ski de fond, escalade ou VTT par exemple, qu’il existe de multiples façons d’utiliser son corps pour progresser sur les sentiers. Parce que la course mobilise potentiellement tous les muscles et articulations selon des modalitĂ©s qui varient en fonction du contexte et de la personne, elle est l’une des disciplines sportives les plus complexes qui soit et paradoxalement la plus banale. Aujourd’hui, j’en retire autant de jouissance que les jeunes enfants qui font l’expĂ©rience de l’incroyable mobilitĂ© qu’elle procure, avant d’être blasĂ©s par cette routine ordinaire lorsqu’ils grandissent.
A la lecture de l’excellent ouvrage de Chris Mac Dougal citĂ© plus haut, l’auteur Ă©voque la quĂŞte d’un Ă©minent thĂ©oricien du trail – Joe Vigil – qui s’est efforcĂ© sans relâche de percer le secret de la rĂ©ussite des meilleurs. Après avoir Ă©liminĂ© tous les facteurs de performance physiques objectifs tels que la morphologie, l’entraĂ®nement ou la technique, il est parvenu Ă la conclusion contre-intuitive que ce sont les ressorts psychologiques qui font la diffĂ©rence, Ă l’avantage du sexe fĂ©minin qui tire son Ă©pingle du jeu dans les compĂ©titions d’ultra. Son point de vue est partagĂ© par un nombre croissant de spĂ©cialistes tels que Alex Hutchinson. CitĂ©s dans l’excellent manuel « la clinique du coureur » (Blaise Dubois, Ed. Mons, 2022), les tenants de cette thĂ©orie tentent dĂ©sormais de repousser les limites de la performance par un travail sur le mental. A contrario, les chercheurs qui se sont exprimĂ©s dans les colonnes du Monde persistent Ă invoquer d’autres dĂ©terminants de nature physiques tels que la nutrition ou la qualitĂ© des fibres musculaires.

Le plaisir et la motivation étant d’après Joe Vigil les clef du succès des trailers, je me réjouis de trouver dans ma pratique autant de moteurs que ceux qui sont énumérées ci dessus. Je tiens à préciser que mon niveau de performance modeste se situe à des années lumières de celui des nombreux performers qui fréquentent le circuit mondial de moins en moins confidentiel des compétitions d’ultra avec sur le tour du Mont Blanc par exemple, plus de 4000 candidats chaque année pour 160 km et 10 000 m de dénivelé positif !
L’équipement du trailer
Pour être certain de ne rien oublier, j’ai dressé une check-list de l’équipement requis pour la pratique du trail et je m’y réfère systématiquement avant chaque sortie.
Chaussures
Après avoir consommĂ© au fil des annĂ©es de nombreuses paires de chaussures de trail toujours plus sophistiquĂ©es et coĂ»teuses, j’ai dĂ©couvert Ă la lecture des ouvrages de Chris Mc Dougal (1), d’Eric Orton (2) puis de Blaise Dubois (3), les vertus d’un appui premier sur l’avant du pied qui expliquerait pour l’essentiel la rĂ©ussite insolente des indiens Tarahumaras, des KĂ©nyans ou des Massai dans les compĂ©titions d’ultra. Ce principe de progression va de pair avec l’usage de modèles basiques Ă semelle plate qui sont par consĂ©quent dĂ©pourvus de surĂ©paisseur censĂ©e combler l’espace compris entre la voute plantaire et le sol. Ce dernier est de fait la surface d’appui naturelle du coureur qui s’est dĂ©placĂ© de la sorte depuis la nuit des temps, jusqu’à l’avènement des chaussures soit disant modernes qui sont responsables d’un appui paresseux et passif sur l’arrière.
A dĂ©faut de compensation par les semelles, c’est la multitude de muscles et d’articulations qui constituent le pied qui garantissent normalement le maintien stable du coureur. Ils assurent l’amorti et le rebond grâce auquel les propriĂ©tĂ©s plastiques des chaussures de plus en plus sophistiquĂ©es deviennent obsolète. Elles le sont d’autant plus que ces propriĂ©tĂ©s sont dĂ©finitives, tandis que notre appareil locomoteur dont la conformation s’adapte en permanence au relief, est en mesure de doser Ă chaque instant le rapport entre amorti et rebond en fonction du terrain, de la fatigue ou de l’âge. Ces vertus de notre anatomie disqualifient du mĂŞme coup les modèles correcteurs destinĂ©s entre autres cibles marketing, aux sujets pronateurs ou supinateurs, dans la mesure oĂą la musculature plantaire corrige naturellement ces dĂ©fauts d’aplomb.
ValidĂ©e par la pratique, la prĂ©conisation des auteurs citĂ©s plus haut m’a dĂ©finitivement convaincu de rejeter les semelles compensĂ©es Ă la fois Ă©paisses et surĂ©levĂ©es au niveau du talon (ce fameux drop qui dĂ©signe le dĂ©nivelĂ© entre l’avant et l’arrière) pour limiter mes attentes vis Ă vis des chaussures de trail Ă un grip efficace, une bonne rĂ©sistance Ă l’usure, un maintien renforcĂ© de la partie supĂ©rieure du pied et surtout, un espace suffisant pour libĂ©rer sa partie antĂ©rieure.
Cette dernière condition peut ĂŞtre satisfaite d’une part par le choix de modèles spacieux tels que ceux que proposent Brooks ou Saucony par exemple – en prenant le soin de prĂ©voir une pointure ou 1 cm de marge supplĂ©mentaire – et d’autre part par une astuce simple qui m’est venue Ă l’esprit lorsque je cherchais Ă soulager le syndrome de Morton dont je souffre de manière rĂ©currente depuis quelques annĂ©es. Simple et gratuite, elle consiste Ă faire un nĹ“ud sur les lacets Ă mi hauteur de la tige, afin que la chaussure ne soit serrĂ©e qu’au dessus de ce point d’attache, libĂ©rant ainsi l’espace nĂ©cessaire Ă l’avant du pied pour que ce dernier puisse faire son travail normalement.

En tant que coureur moyen qui parcoure une distance de 40 à 60 km par semaine, je consomme une paire de chaussures par année. Tous les deux ans, je renouvelle le modèle dont la semelle est adaptée aux terrains sec et caillouteux, tandis que je remplace l’année suivante celle qui convient aux terrains gras et boueux.
Bâtons de trail
Pour minimiser le poids des bâtons, j’ai fait le choix du carbone qui a néanmoins l’inconvénient d’être cassant.
Au lieu de modèles télescopiques ou articulés qui sont alourdis et fragilisés par leur système de repli, j’utilise des bâtons monobrins dans la mesure où j’en fais un usage quasi-permanent.
Le cas échéant, je les arrime dans mon dos au fil des passages escarpés où j’ai besoin de mes mains pour pouvoir grimper. Tandis qu’au long des portions plates et roulantes sur lesquelles la vitesse rendrait leur maniement malaisé, je les tiens à bout de bras en les utilisant comme balanciers.
Une longueur telle qu’ils s’arrĂŞtent Ă hauteur d’aisselle, permet d’ajuster la hauteur des mains Ă la technique de progression et surtout Ă la dĂ©clivitĂ©, comme c’est le cas en ski de randonnĂ©e. Cette longueur non limitante leur permet de remplir les nombreuses fonctions – au nombre de huit – que je leur infĂ©ode. Par exemple, la portĂ©e d’une paire de bâtons trop courts ne couvrirait de l’ancrage amont jusqu’Ă la poussĂ©e aval, de longues foulĂ©es. En descente raide, ils obligeraient le coureur Ă se pencher vers l’avant pour sĂ©curiser ses appuis.
Pour ajuster leur dĂ©battement Ă chaque situation en dĂ©plaçant les mains le long de la zone de prĂ©hension, un gĂ©nĂ©reux garnissage du type guidoline sur leur partie supĂ©rieure amĂ©liore le grip pour le cas oĂą ils n’auraient pas Ă©tĂ© garnis d’un revĂŞtement adaptĂ© par le fabricant.

VĂŞtements
Des mitaines de VTT amortissent les vibrations des bâtons sur terrain dur, protègent les mains en cas de chute éventuelle, évitent les ampoules et ont le mérite d’absorber la transpiration pour un grip optimal quelle que soit la situation.
Par temps chaud, je porte un short et un tee-shirt lĂ©gers et respirants. En dehors de l’étĂ© ou en altitude, j’utilise par tempĂ©rature fraĂ®che un vĂŞtement thermique isolant en polyester surmontĂ© d’un soft shell ou d’une polaire, sans oublier une buffe et une paire de gants chauds et lĂ©gers du type de ceux qu’on utilise pour le ski de fond.
Pour parer aux assauts du vent ainsi qu’aux prĂ©cipitations Ă©ventuelles, je prĂ©vois systĂ©matiquement un vĂŞtement impermĂ©able lĂ©ger et respirant que j’arrime dans le dos Ă mon système de portage.
Au dessus de courtes chaussettes de trail en coton qui ont pour fonction de renforcer le maintien du pied et qui doivent ĂŞtre adaptĂ©es aux cotĂ©s droit et gauche, je porte d’autres chaussettes de contention en polyester dont le rĂ´le est de comprimer la cheville pour assurer une circulation tonique et efficace jusqu’en haut des mollets. De mĂŞme que pour le choix des chaussures, il est important d’Ă©viter un serrage excessif des chaussettes Ă l’avant du pied, au risque d’empĂŞcher cette zone de faire son travail ou pire, de rĂ©veiller un Ă©ventuel syndrome de Morton.
Une casquette sous laquelle je place une Ă©toffe destinĂ©e Ă protĂ©ger la nuque du soleil, complète la panoplie par temps chaud. Fine et lĂ©gère, cette pièce en coton qui mesure environ 1 m², peut Ă©ventuellement servir de serviette ou de pagne. Lorsqu’un point d’eau se prĂ©sente sur l’itinĂ©raire, je ne manque pas de l’humecter copieusement afin qu’elle maintienne ma tĂŞte au frais. Enfin, sa couleur voyante rouge ou bleue peut servir Ă se signaler dans le paysage en cas de nĂ©cessitĂ©.
Petit équipement
Des lunettes de soleil en polycarbonate d’indice 3 (ou 4 par risque de fort ensoleillement en cas de neige) adaptées à la pratique du vélo ou du ski de fond sont idéales. Dotées d’un champ de vision élargi, elles sont ajourées sur le pourtour des verres pour palier le risque de condensation. Un traitement polarisant facilite la transition entre les passages ombragés et ensoleillés. J’utilise personnellement la marque Blizz qui se démarque par son rapport qualité prix optimal et qui propose en outre certains modèles parfaitement dimensionnés pour ma petite tête d’oiseau.
Porteur de lunettes correctrices, je réserve à la pratique du sport une ancienne paire usagée que je chausse sur la visière de ma casquette afin d’en disposer rapidement lorsqu’un examen de l’itinéraire s’impose. Ses branches sont reliées à leur extrémité par un cordon qui les retiendrait par l’arrière du cou si elles devaient choir.
Un GPS performant doté d’un altimètre barométrique fiable et précis est indispensable. Compact et alimenté par des piles rechargeables standard, il permet d’enregistrer la trace au fil de la course. Pour le cas où l’itinéraire aurait été téléchargé sur Internet, il sert à s’orienter en cas de besoin, par exemple lorsque la visibilité est mauvaise du fait du brouillard ou de l’obscurité. Il faut pour cela qu’il soit doté d’un écran couleur de bonne résolution et qu’il intègre un fond de carte suffisamment détaillé.
Depuis des années, je suis fidèle à la série Etrex de Garmin et ne lui reconnaît comme seul point faible, que la lenteur d’un processeur qui reste inchangé depuis le premier modèle. Au lieu d’un écran tactile fragile et inopérant sous la pluie, l’Etrex est doté de boutons et d’un joystick qui le rendent maniable et robuste en toute situation. En dépit d’une convivialité logicielle qui laisse à désirer, il comporte toutes les fonctionnalités souhaitables et son rapport qualité-prix est imbattable.
Bien que l’IGN propose dĂ©sormais un abonnement annuel Ă sa sĂ©rie bleue au 25 000ème pour un coĂ»t modique, j’utilise en complĂ©ment le fond de carte open source OSM (Open Street Map) gratuit que Garmin installe par dĂ©faut sur tous ses appareils. J’ai remarquĂ© que ce dernier comporte un nombre plus Ă©levĂ© de chemins que la cartographie IGN qui prĂ©sente quant Ă elle l’avantage d’ĂŞtre Ă jour. En revanche, un atout du fond OSM est celui de cartes routables adaptĂ©es Ă un panel Ă©largi d’activitĂ©s alors que l’IGN limite le choix aux itinĂ©raires piĂ©tons ou routiers uniquement.

Lorsque le décor en vaut la peine, un Appareil Photo Numérique rangé à portée de main est judicieux.
Utile pour communiquer avec ses proches, un smartphone chargĂ© permet Ă©galement de prendre des photos est de palier un dĂ©faut Ă©ventuel du GPS. Assorti d’une appli gratuite telle que IGNrando ou Outdooractive, cet appareil est une alternative très convaincante au GPS. Il prĂ©sente l’avantage de pouvoir zoomer sur l’écran avec les doigts pour percevoir ce qu’une vue dĂ©ficiente ne pourrait pas distinguer sur une carte papier. Très abordable, l’abonnement annuel aux fonds de carte IGN est apprĂ©ciable par le fait qu’il est Ă jour. En revanche, il est moins complet que les fonds de carte collaboratifs OSM (Open Street Map) qui comportent beaucoup plus de sentiers dont certains ont nĂ©anmoins l’inconvĂ©nient d’avoir disparu du paysage. Je recommande par consĂ©quent de s’assurer de leur existence sur les clichĂ©s Google Earth. Dernier dĂ©tail : les cartes routables OSM proposent davantage d’activitĂ©s que celles de l’IGN qui restreignent le choix aux itinĂ©raires piĂ©tons ou motorisĂ©s uniquement.
Pour palier un dĂ©faut de fonctionnement des accessoires prĂ©cĂ©dents, je prĂ©vois gĂ©nĂ©ralement pour m’orienter, une photocopie couleur de la portion de carte oĂą l’itinĂ©raire est repĂ©rĂ© au Stabylo. A portĂ©e de main, elle est protĂ©gĂ©e par un sac en plastique transparent. Lorsque je manque de temps pour l’impression, je lui substitue une photo de la carte prise avec mon smartphone.
Pour compléter le tout, je prévois une boussole, un jeu de piles de rechange (chargées) pour le GPS, un sifflet, une barre énergétique ou une collation pour les longues distances, ma carte d’identité, un peu d’argent et un sac en plastique pour protéger les objets de la pluie.
Système de portage et boisson
Pour prévenir le ballottage, j’utilise un système de portage qui solidarise la charge du corps. Si possible, ce système comporte de nombreuses poches idéalement réparties autour du buste, avec une accessibilité suffisante à celles où je range les accessoires de première nécessité que sont la carte papier, l’appareil photo et éventuellement le smartphone.
Après avoir utilisé pendant de nombreuses années un sac à dos (inusable) de marque Camelback, je porte aujourd’hui un gilet de trail approprié aux parcours les moins longs.
Une vessie de 1,5 Ă 2 L doit adhĂ©rer au corps en Ă©tant plaquĂ©e dans le dos. Accessible par la voie d’une durite, elle permet de s’hydrater Ă tout instant au moyen d’une solution isotonique que je prĂ©pare en ajoutant Ă l’eau une cuillère Ă soupe de sucre et une cuillère Ă cafĂ© de sel par litre. Peut ĂŞtre reviendrai-je sur cette fausse bonne idĂ©e puisqu’il semblerait d’après les spĂ©cialistes, que l’apport de sodium est superflu dans la mesure oĂą les reins rĂ©gulent naturellement sa concentration dans les cellules Ă partir des apports ordinaires de notre alimentation courante.
Les spĂ©cialistes qui s’expriment dans l’ouvrage de Blaise Dubois estimant de 400 Ă 800 ml/h les apports en eau nĂ©cessaires au coureur, il est judicieux de gĂ©rer la contenance et le rechargement de la vessie, en fonction de la durĂ©e estimĂ©e de l’effort, de l’espacement des points d’eau, de la chaleur et de la sobriĂ©tĂ© de chacun. A cet Ă©gard, ils battent en brèche l’idĂ©e communĂ©ment admise qu’il est systĂ©matiquement recommandĂ© de boire beaucoup. S’il est clair qu’un dĂ©ficit hydrique Ă©paissit le sang qui peine Ă alimenter le système musculaire, l’excès d’eau perturbe la rĂ©gulation osmotique au risque d’entrainer un Ĺ“dème dans les cas extrĂŞmes.

C’est dans un petit sac sanglé à l’arrière de la vessie et suspendu par un petit mousqueton à la partie supérieure du système de portage, que je range le vêtement imperméable et la collation éventuelle que contient un simple sachet isotherme en papier bulle.
Cette dernière se compose d’un bloc de pâte de datte qui permet de disposer Ă moindre coĂ»t de sucres rapides pendant l’effort. Cet appoint complète le repas consistant composĂ© d’un mĂ©lange de muesli et de poudre de lait que je rĂ©hydrate Ă l’heure du repas. A dĂ©faut d’ĂŞtre gastronomique, ce rĂ©gime original que j’ai adoptĂ© pour le ski de randonnĂ©e est Ă la fois complet, lĂ©ger et peu encombrant.
Avant et après le trail
Je reporte au Stabylo sur la photocopie couleur papier d’une carte IGN au 25 000ème, le parcours probable que j’ai imaginĂ© par moi mĂŞme sur cette dernière ou mieux, Ă vue lors d’un prĂ©cĂ©dent passage dans le secteur. Le cas Ă©chĂ©ant, je m’inspire de l’itinĂ©raire enregistrĂ© par d’autres trailers sur des sites Internet tels que visugpx.com, openrunner.com ou visiorando.com. Dans ce cas, je prends la prĂ©caution de tĂ©lĂ©charger la trace retenue en format GPX sur mon GPS, en complĂ©ment de la carte papier qui m’aide Ă m’orienter. A dĂ©faut de GPS, je la tĂ©lĂ©charge sur mon smartphone. Pour palier l’absence Ă©ventuelle de connexion Internet sur le site du trail, je prends la prĂ©caution d’afficher le tracĂ© Ă la maison que afin que le fond de carte soit archivĂ© par avance dans la mĂ©moire cache de l’appareil.
Si je dois être seul dans mon véhicule, je dépose à l’avance autant que possible, une offre de covoiturage sur Internet afin de minimiser l’emprunte carbone de mon trajet.
Au départ de la maison, je prends soin de couper les ongles de mes pieds afin d’éviter le décollement de ceux qui pourraient buter sur l’avant des chaussures. C’est aussi le meilleur moyen de préserver les chaussettes d’une usure prématurée.
Je veille Ă enduire de crème solaire les parties du corps exposĂ©es au soleil, Ă commencer par le visage et les avant bras qui sont particulièrement vulnĂ©rables. Bien qu’elle soit protĂ©gĂ©e par l’Ă©toffe qui tient lieu de couvre-chef, je ne nĂ©glige pas la nuque.
Je vérifie le niveau des batteries du GPS qui doivent être au minimum aux 2/3 de leur capacité, tout comme celle du smartphone.
Je repère l’altitude du pont de départ afin d’être en mesure d’étalonner mon GPS une fois sur place.
J’envoie sur le mobile d’un proche une photo de l’itinéraire que j’avais reporté sur la carte et je lui communique une indication de l’horaire de retour prévu. J’estime le temps de montée sur une base de 800 à 1000 m de D+ par heure en fonction de la pente et de la longueur du parcours pour lequel ma vitesse moyenne varie généralement entre 4 à 6 km/h retour compris.
Sur le trajet qui conduit au point de dĂ©part du trail, je bois Ă petites gorgĂ©es 75 cl Ă 1 l d’eau pour m’hydrater.
Au départ du trail, je n’oublie pas d’étalonner l’altimètre barométrique de mon GPS.
Sur les 15 ou 20 premières minutes, je marche d’un rythme de plus en plus rapide afin d’échauffer progressivement mes muscles et articulations. C’est la ventilation des muscles par les poumons qui limite la montĂ©e en rĂ©gime ainsi asservie Ă la progression de ma VO2 max.
Cette montĂ©e en rĂ©gime graduelle prĂ©sente l’avantage d’un recours aux techniques de dĂ©placement les plus Ă©conomes qui sont celles que je prĂ©conise dans ce blog, alors qu’un dĂ©marrage sur les chapeaux de roue conduit gĂ©nĂ©ralement Ă mobiliser les cuisses en prioritĂ© en privilĂ©giant la vitesse au dĂ©triment de l’Ă©conomie de ressource.
Sujet au syndrome de Reynaud qui se traduit lorsqu’il fait froid par un jaunissement de l’extrĂ©mitĂ© des doigts les plus longs par suite d’un dĂ©faut d’irrigation, je prĂ©viens ce dĂ©sagrĂ©ment en effectuant des moulinets avec les bras pour favoriser la circulation du sang lorsque la sensation d’onglĂ©e se fait ressentir. En Ă©vitant un afflux de sang vers les jambes au dĂ©triment des mains, la mise en mouvement progressive du corps va dans le mĂŞme sens. Ces prĂ©cautions sont d’autant plus indiquĂ©es que j’ai pris un cafĂ© ou une collation avant l’effort avec pour consĂ©quence d’orienter la circulation sanguine vers les organes digestifs au dĂ©triment des mains.
Après quelques minutes, je resserre les lacets de mes chaussures afin d’assurer un maintien ferme du pied au niveau de la cheville. L’objectif n’est pas de contenir le jeu latĂ©ral de l’articulation pour prĂ©venir une foulure puisqu’Ă partir du moment oĂą c’est l’avant du pied qui amorce chaque foulĂ©e, le gain de stabilitĂ© Ă©carte ce risque de torsion. Le but de cette prĂ©caution est de limiter le glissement longitudinal du pied sur la semelle pour Ă©viter que les orteils ne butent sur l’avant de la chaussure. Dans ce cas, ils se recroquevilleraient sur eux mĂŞme, ce qui serait prĂ©judiciable Ă la mobilitĂ© de l’avant du pied qui doit ĂŞtre libre de ses mouvements.
Au retour de la course, je prends ma douche avec les vêtements et la plupart des équipements qui auront été salis ou imprégné de sueur : système de portage, casquette et étoffe légère, mitaines. Je rince le GPS et la zone de préhension des bâtons afin de les préserver de la sueur acide et c’est à l’eau tiède et savonneuse que je nettoie les verres de mes lunettes qui sont imprégnés de sueur. Je débarrasse les chaussures de la boue en les brossant une fois qu’elles sont sèches. Vidée de son contenu, la vessie est remisée au congélateur pour prévenir le développement de micro-organismes.
Au sujet des assouplissements, les auteurs qui s’expriment dans les ouvrages de rĂ©fĂ©rence citĂ©s plus haut, infirment les idĂ©es reçues. Le fait d’Ă©tirer les chaines musculaires dont on attend d’exploiter la tonicitĂ© pour un amorti et une relance efficace, a pour consĂ©quence de rĂ©duire cette aptitude essentielle Ă la performance. Compte tenu du rĂ´le dĂ©terminant du mollet et des ischio-jambier pour la dynamique des foulĂ©es, leur Ă©tirement serait mĂŞme contre productif d’après certaines Ă©tudes. Pour cette raison, les spĂ©cialistes proscrivent les sĂ©ances d’assouplissement au plus près de la course. Aux coureurs qui manquent de souplesse uniquement, ils recommandent d’y consacrer chaque soir une dizaine de minute dans la mesure du possible. Les postures qu’ils prĂ©conisent sur la base de 1 Ă 5 rĂ©pĂ©titions de 30 secondes au seuil de la sensation d’Ă©tirement modĂ©rĂ©, vise Ă prĂ©server l’Ă©lasticitĂ© des psoas, fessiers, quadriceps et Ă©ventuellement ischio-jambiers et mollets.
La technique du trailer dilettante
Je rappelle qu’à la diffĂ©rence de ceux qui frĂ©quentent les compĂ©titions, je n’ai pas d’autre ambition que celle d’étendre la portĂ©e de mes escapades en montagne moyennant une dĂ©pense minimale en Ă©nergie tout en en prĂ©servant mon corps des traumatismes et de l’usure. Partant de lĂ , les techniques que je prĂ©conise dans ce blog divergent de celles que recommandent les coach sportifs qui visent la performance et s’adressent majoritairement Ă des coureurs qui progressent sur relief modĂ©rĂ©. Parce que je suis loin d’être un cas isolĂ©, je pense que les ouvrages sur le trail – qui font souvent l’impasse sur la technique de dĂ©placement – feraient bien de prendre en compte cette approche dĂ©contractĂ©e pour rĂ©pondre aux attentes de tous ceux qui envisagent simplement cette activitĂ© comme le moyen de se promener en montagne Ă une allure plus rapide que celle de la marche.
L’appui sur l’avant du pied est la base d’une technique efficace…
Les sources que j’ai consultĂ©es depuis ce dĂ©but d’annĂ©e (Eric Orton, Chris Dougall et Blaise Dubois) prĂ©conisent une technique universelle que valide la pratique couronnĂ©e de succès des tribus ancestrales citĂ©es plus haut. FondĂ©e sur un appui premier sur l’avant du pied, elle est contre intuitive par rapport Ă celle d’une majoritĂ© de coureurs qui amorcent chaque foulĂ©e sur l’arrière.
Inspiré par les sources précédentes, j’ai donc adopté à 58 ans, la technique de l’appui sur l’avant en réalisant que c’est de cette manière que j’évoluais naturellement il y a des années. Bien plus énergique qu’aujourd’hui, j’avais alors le bonheur d’éprouver la sensation grisante exclusive aux coureurs, d’être en apesanteur au dessus d’une paire de jambes autonomes dont le mouvement perpétuel de révolution automatique, ne semblait obéir qu’à leur propre volonté.
A mon insu, j’en suis venu avec l’âge, Ă courir sur l’arrière du pied comme tout un chacun. Cette rĂ©gression s’explique naturellement je suppose, par le fait que cette option paresseuse qui s’apparente au mouvement de la marche, est moins exigeante en tonicitĂ© que celle de l’appui sur l’avant. DĂ©clinante avec le vieillissement, cette qualitĂ© est en outre altĂ©rĂ©e par la sĂ©dentaritĂ© de notre mode de vie prĂ©tendument moderne. Ce qui explique probablement que nos contemporains aient majoritairement renoncĂ© – en dehors des stades d’athlĂ©tisme – Ă courir sur l’avant. L’invention de chaussures spĂ©cifiques dont la semelle compensĂ©e est censĂ©e palier le manque de force du pied des coureurs, a sonnĂ© le glas de leur musculature plantaire mise au rancart. Sous l’emprise d’un marketing efficace, une majoritĂ© d’entre eux s’est convertie Ă cette fausse bonne idĂ©e de la chaussure moderne qui nous a sournoisement imposĂ© la norme de l’appui sur l’arrière, au profit de l’insolente santĂ© Ă©conomique de Nike et consorts.
Lorsque j’ai renoncĂ© Ă cette hĂ©rĂ©sie pour amorcer chaque foulĂ©e Ă partir de l’avant, j’ai fait l’expĂ©rience de sensations positives qui se traduisent par de nombreux bĂ©nĂ©fices, Ă commencer par celui d’un gain de stabilitĂ©. Alors que le talon est passif parce qu’il est situĂ© Ă l’arrière, l’avant du pied joue un rĂ´le directeur parce qu’il fait face au coureur qui garde le contrĂ´le sur l’amorce de sa foulĂ©e en visant son point d’impact avec davantage de prĂ©cision. Tout simplement parce que les muscles mĂ©dian du pied permettent de maĂ®triser Ă vue l’angle d’attaque de son extrĂ©mitĂ© antĂ©rieure. Dans un second temps, la conformation et la rigiditĂ© de l’avant s’adaptent Ă©troitement au relief pour consolider l’assise du coureur lorsqu’il vient au contact du sol. Ainsi, son rĂ©tablissement gagne en adhĂ©rence par rapport Ă un appui sur le talon qui n’est qu’une zone osseuse recouverte de tissus mous et par consĂ©quent dĂ©nuĂ©e de force et de motilitĂ©. Et ce d’autant plus qu’hors champ visuel et dĂ©pourvu de nerfs sensitifs, le talon est atteint de cĂ©citĂ© aiguĂ«. A fortiori lorsque les semelles compensĂ©es le privent de toute perception du terrain.
Un autre avantage de l’appui sur l’avant est celui d’une protection des articulations doublĂ©e d’une optimisation de l’effort. L’amortissement de l’impact et la relance Ă©tant dĂ©volu aux multiples chaĂ®nes musculaires sous-jacentes aux mollets et non plus Ă la zone osseuse et passive du talon relayĂ©e par les cuisses, le bassin et la colonne vertĂ©brale, le mouvement s’avère plus souple et donc moins traumatique pour les genoux, les hanches et le dos. Au lieu d’un nombre limitĂ© de muscles forts, ce sont ceux des pieds, des chevilles et des mollets qui contribuent Ă l’amorti et la relance. A ce sujet, Eric Orton oppose Ă juste titre la reprĂ©sentation en vogue de la force actuellement fondĂ©e sur l’hypertrophie de quelques muscles au dĂ©triment de tous les autres – ce qu’on qualifie couramment de gonflette – Ă celle d’une distribution plus Ă©quilibrĂ©e de la masse musculaire qui se fait de ce fait moins spectaculaire. A cet Ă©gard, il souligne que l’enjeu majeur d’une foulĂ©e efficace est de solliciter un maximum de fibres dont la densitĂ© est un gage de qualitĂ©.
Last but not least, l’appui sur l’avant favorise le renvoi dynamique de la force d’impulsion d’une foulĂ©e vers la suivante, sur le mĂŞme principe qu’en ski de fond lorsqu’on porte son poids d’une jambe sur l’autre Ă l’instant dĂ©cisif du transfert. Élastiques, les muscles et tendons du pied, de la cheville et du mollet sont en mesure d’absorber l’Ă©nergie cinĂ©tique du coureur en mouvement lors de l’impact, pour la restituer vers le haut et vers l’avant au profit de sa progression. La rĂ©ception sur le talon est au contraire stĂ©rile et traumatique puisque l’impact se rĂ©percute tout au long d’une chaĂ®ne osseuse plus ou moins rectiligne qui part des talons, passe par les genoux est s’achève aux lombaires au niveau desquels l’élan se brise immanquablement comme au fond d’une impasse. Dans ce cas, l’absorption du choc incombe pour l’essentiel aux quadriceps ainsi qu’aux muscles du bas du dos dont le dĂ©battement est somme toute très limitĂ© compte tenu du peu de souplesse de la colonne.
AffectĂ© d’une lĂ©gère scoliose doublĂ©e d’une cyphose, je suis malheureusement privĂ© de leur contribution Ă l’amorti, aussi maigre soit elle. BandĂ©e comme un arc par des dorsaux sous tension permanente, ma colonne n’est plus en mesure de se vousser, Ă la manière de celle des cavaliers par exemple. Ces derniers peuvent en effet compter sur leur assiette pour absorber les impacts d’une allure heurtĂ©e telles que le trot, lorsqu’ils sont Ă©vacuĂ©s vers l’avant au niveau des fesses. Depuis que j’ai renoncĂ© Ă faire du talon la zone de rĂ©ception de mes foulĂ©es, c’est la kyrielle des muscles faibles des jambes qui absorbent l’impact. Dans la mesure oĂą c’est Ă ces chaĂ®nes sous-jacentes aux genoux que l’essentiel du travail incombe, le problème d’un manque de souplesse du bas du dos ne se pose plus. Par consĂ©quent, je ne suis plus affectĂ© par la raideur Ă la marche qui m’obligeait après l’effort, Ă Ă©tirer le bas du dos pour corriger le cambre de ma colonne devenue convexe par la force des choses. Et pendant l’effort, je suis dĂ©sormais en mesure d’exploiter ma force d’impulsion pour un transfert plus efficace d’une foulĂ©e sur l’autre.

Pour ce qui me concerne, j’ai rĂ©alisĂ© que le principe d’un appui sur l’avant du pied est en outre la solution Ă deux problèmes qui me sont venus avec l’âge et pour lesquels j’avais sollicitĂ© des spĂ©cialistes assermentĂ©s : une fragilitĂ© de ma cheville droite rĂ©sultant d’une entorse très ancienne qui n’avait pas Ă©tĂ© soignĂ©e ainsi qu’un syndrome de Morton apparu tardivement du mĂŞme cotĂ©, Ă la faveur du ski de randonnĂ©e pratiquĂ© avec des chaussures trop Ă©troites. Ce mal consiste dans la compression très douloureuse du faisceau nerveux qui emprunte le canal carpien, situĂ© sur le bord extĂ©rieur de l’avant du pied. Je suppose que les pathologies prĂ©cĂ©dentes ne sont pas sans lien dans la mesure oĂą je compense probablement la fragilitĂ© de ma cheville – sujette aux foulures rĂ©currentes – par un appui excessif sur la zone sensible au syndrome de Morton, de ce pied que je suspecte d’ĂŞtre devenu pronateur sur le tard. Ce qui a logiquement pour effet de comprimer le canal carpien oĂą le nĂ©vrome se dĂ©clare inĂ©luctablement au cours de l’effort.
Un kinĂ© m’a prĂ©conisĂ© des exercices de renforcement musculaire pour contrer les foulures Ă rĂ©pĂ©tition de cette cheville droite sur l’extĂ©rieur de laquelle mon corps se dĂ©fend de porter son poids. Ce qui explique probablement que mon pied d’appel soit aujourd’hui le gauche et qu’en ski de fond, le transfert soit problĂ©matique parce que mon corps refuse de porter son centre de gravitĂ© Ă l’aplomb exact de mon pied droit.
Un podologue m’a confectionnĂ© des semelles orthopĂ©diques sur mesure (creusĂ©es Ă l’endroit du canal carpien) pour soigner le syndrome de Morton.
Depuis que j’ai rectifié ma foulée dans le sens d’un appui premier sur l’avant du pied, le gain de stabilité écarte le risque de foulure et le névrome se manifeste plus tardivement. Ce dernier bénéfice est contre-intuitif puisque le mal résultant d’une compression de l’avant du pied, un appui premier sur cette zone devrait logiquement l’aggraver, au lieu de quoi je constate que c’est le contraire. J’ai fini par comprendre par déduction que ce n’est pas à la réception que s’exerçait la compression sur le canal carpien, mais pendant la phase de relance. Par conséquent, elle est d’autant plus forte que l’amplitude de ma foulée est grande. Ce qui fait qu’en ski de randonnée, le syndrome de Morton survient d’autant plus tôt que j’avance à grands pas au fil de l’ascension.
A ceux qui souffrent du syndrome de Morton, je suggère de courir sur l’avant Ă une cadence Ă©levĂ©e. Dans cette configuration, le bord interne du pied – opposĂ© au canal carpien – devient naturellement la zone d’appui Ă la rĂ©ception tandis que l’accroissement de la frĂ©quence des foulĂ©es va de pair avec une attĂ©nuation de leurs impacts.
Lors de phase la relance, la diminution de l’amplitude des foulĂ©es – concomitante de l’appui sur l’avant du pied – induit un relâchement de la pression qui s’exerce sur le canal carpien. Dans le cas d’un appui premier sur le talon, ce principe s’applique Ă©galement lorsque la pente est abrupte, en trail comme en ski de randonnĂ©e.
A la condition de choisir des chaussures spacieuses à avant et de nouer ses lacets de la façon que je décrit plus haut, peut être peuvent ils comme moi, venir à bout de leur souffrance. Et ce d’autant plus qu’au fil du temps, le renforcement de la musculature du pied aura creusé le canal carpien au fond duquel le faisceau nerveux aura retrouvé l’espace qui lui faisait défaut.
Aujourd’hui, mon syndrome de Morton est en passe de devenir un lointain souvenir au point que mes orthèses sont devenues inutiles tout comme les semelles qui nous sont fournies avec chaque paire de chaussure pour en amĂ©liorer le confort. Avec l’appui sur l’avant, j’ai en outre gagnĂ© en sĂ©rĂ©nitĂ© par rapport au risque de foulure, en particulier lors de la descente que j’aborde avec davantage d’agilitĂ© et partant de lĂ , de cĂ©lĂ©ritĂ©. Ce qui n’est pas un dĂ©tail dans la mesure oĂą c’est gĂ©nĂ©ralement pendant cette phase ultime du parcours que le coureur fatiguĂ© est le moins attentif et par consĂ©quent le plus exposĂ© Ă ce risque. Ces dernières annĂ©es, c’est systĂ©matiquement sur la fin des trails que survenaient de plus en plus frĂ©quemment ces traumatismes qui me privaient momentanĂ©ment de sport.
Pour prĂ©parer tout un chacun Ă courir sur l’avant du pied, les coach sportifs concoctent chacun leur programme d’entraĂ®nement destinĂ© principalement Ă renforcer la musculature du pied et les chaĂ®nes subjacentes associĂ©es. Pour parvenir au mĂŞme rĂ©sultat, je me borne Ă marcher pieds nus Ă la maison. A l’extĂ©rieur dans la mesure du possible, je porte des chaussures dont la semelle est plate et je prends soin de nouer mes lacets Ă mi-hauteur de la tige. Cette prĂ©caution ne s’applique pas uniquement aux chaussures de trail mais aux chaussures de ville Ă©galement. Au cours de la sĂ©ance d’entretien que je m’efforce d’effectuer en milieu de semaine autour de chez moi, je veille Ă courir sur l’avant du pied exclusivement. Cette discipline peu contraignante suffit Ă me dispenser d’exercices fastidieux de renforcement musculaire.
…mais pas que…
Comme ses pairs, Eric Orton prĂ©conise la technique d’un appui sur l’avant du pied. Elle ne fait plus dĂ©bat sur les stades oĂą les athlètes bĂ©nĂ©ficient d’un encadrement, mais ce n’est malheureusement pas le cas chez la plupart des adeptes du trail qui pratiquent gĂ©nĂ©ralement leur activitĂ© de manière solitaire et par consĂ©quent improvisĂ©e. A dĂ©faut de conseils, ils courent en majoritĂ© sur l’arrière du pied pour la simple raison qu’ils portent des chaussures de sport Ă semelle compensĂ©e qu’ils supposent Ă tort adaptĂ©es Ă la foulĂ©e parfaite. Repenti de l’appui sur le talon qui redĂ©couvre aujourd’hui le bien fondĂ© de la foulĂ©e sur l’avant, je tĂ©moigne dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent de mon expĂ©rience personnelle qui confirme l’adage « l’essayer c’est l’adopter ».
A la lecture des ouvrages citĂ©s plus haut, j’ai pu constater que la communautĂ© des spĂ©cialistes de la course Ă pied en fait l’alpha et l’omĂ©ga du trailer performant en ce sens que ce mouvement serait exclusif Ă tout autre. Je m’inscris en faux contre cette conception rĂ©ductrice et manichĂ©enne du trail qui convient peut ĂŞtre aux compĂ©titeurs affĂ»tĂ©s mais certainement pas au coureur moyen et âgĂ© que je suis et Ă fortiori en montagne sur de longues distances. Je rappelle qu’à l’instar de nombreux pratiquants, je m’adonne au trail en dilettante, sans autre attente que celle du simple plaisir de la promenade. Partant de lĂ , l’intĂ©rĂŞt de faire varier la technique de dĂ©placement est incontestable dans la mesure oĂą le fait de faire travailler tour Ă tour les diffĂ©rents groupes musculaires disponibles, permet de rĂ©partir l’effort entre chacun d’entre eux au profit de l’endurance tout en prĂ©servant son corps des traumatismes.
Le fait de solliciter les plus puissants – Ă commencer par les quadriceps qui sont mobilisĂ©s pour la foulĂ©e sur l’arrière – permet de soulager la chaĂ®ne des muscles faibles qui est sollicitĂ©e dans d’autres circonstances oĂą l’amorce de la foulĂ©e se fait Ă juste titre sur l’avant du pied. C’est pourquoi je rĂ©habilite la technique dĂ©suète de l’appui sur le talon, bien qu’elle soit dĂ©criĂ©e par les coureurs affutĂ©s qui ne jurent que par celle de l’appui sur la pointe. La foulĂ©e sur l’arrière est en l’occurrence particulièrement adaptĂ©e aux passages escarpĂ©s et/ou accidentĂ©s, ne serait-ce que parce que l’avantage du rebond dynamique sur l’avant est difficile Ă faire valoir dans ces situations ou la vitesse est nĂ©cessairement lente parce qu’il est d’abord question pour le coureur, de hisser plus haut sa masse corporelle freinĂ©e par la gravitĂ© et/ou de faire son choix parmi les rares points d’appui disponibles sur le sentier.
Pourtant sous exploitĂ©s par la majoritĂ© des coureurs, les dorsaux sont encore plus efficaces que les quadriceps dans ce mĂŞme contexte de pente abrupte oĂą c’est la force brute qui fait la diffĂ©rence.
Pour progresser sur cĂ´te modĂ©rĂ©e – en particulier dans le cas d’un Ă©tat de fatigue avancĂ© – je sollicite d’autres groupes musculaires que ceux du bas des jambes, les quadriceps et les dorsaux. La contribution de ces derniers est rĂ©duite au minimum en mobilisant quasi-exclusivement les moyens fessiers.
En renfort des muscles locomoteurs prĂ©cĂ©dents qui augmentent l’amplitude et la puissance des mouvements, n’oublions pas le prĂ©cieux concours des bras et des mollets qui apportent une contribution non nĂ©gligeable Ă l’effort.
A rebours de la pensĂ©e unique des spĂ©cialistes qui limitent la technique de course en s’alignant sur la doxa des entraineurs d’athlĂ©tisme sur stade, je propose dans les paragraphes Ă suivre, une palette de techniques de progression iconoclaste qui permet au trailer confrontĂ© Ă des pentes d’inclinaison variable Ă©ventuellement jonchĂ©es d’obstacles, de progresser Ă moindre effort sur des distances plus longues.
A chacun sa cadence
Les spĂ©cialistes ne se bornent pas Ă prĂ©coniser un geste naturel fondĂ© exclusivement sur un appui sur l’avant du pied. Ils recommandent d’autre part une cadence immuable qu’Eric Orton par exemple, fixe Ă 22 ou 23 foulĂ©es par intervalle de 15 secondes. Partant de lĂ , l’amplitude de ces foulĂ©e devient la variable d’ajustement de leur portĂ©e et partant de lĂ , c’est elle qui dĂ©termine la vitesse du coureur.
Si je rejoint Eric sur le fait que la longueur des foulées nécessite un ajustement, je suis d’avis que leur cadence soit également adaptée à chaque situation. L’allongement des foulées allant naturellement de pair avec un abaissement de leur cadence, un rapport de proportionnalité entre ces deux paramètres semble aller de soi.
A partir de lĂ , il paraĂ®t logique que chacun de ces deux paramètres tienne compte Ă la fois du terrain – Ă commencer par sa dĂ©clivitĂ© – mais aussi de la force, du degrĂ© de fatigue et de la morphologie de chacun. Au fil d’un parcours long par exemple, s’impose une gestion Ă©conome de l’effort pendant les phases de rĂ©cupĂ©ration ou sur les portions les plus raides, qui induit logiquement une attĂ©nuation de la cadence. Celle d’un coureur en surpoids sera diffĂ©rente de celle d’un athlète lĂ©ger.
En vertu du fait qu’il n’y a pas de profil biomĂ©trique standard chez notre espèce qui est diverse par nature, il n’y a pas de raison pour que tous les trailers courent au mĂŞme rythme. Cette règle s’applique ailleurs Ă toutes nos fonctions motrices et psychiques. De mĂŞme qu’il n’existe pas une feuille d’arbre qui soit conforme Ă une autre, Ă chaque humain correspond sa propre cadence qui est de surcroĂ®t susceptible de varier selon les circonstances.

Sur le rapport entre cadence et longueur des foulées, j’ai constaté qu’à mesure que la déclivité augmente, il était plus efficace de raccourcir les foulées plutôt que réduire la cadence. Trop nombreux sont les trailers qui s’épuisent sur les montées raides en progressant lentement à trop grandes enjambées. En d’autres termes, je rejoint Eric sur le fait qu’il est préférable de privilégier une cadence élevée à de grande foulées mais cette cadence doit être à mon sens propre à chacun et adaptée à chaque situation.
Ajoutons que l’appui sur l’avant du pied va de pair avec un raccourcissement des foulĂ©es et donc une accĂ©lĂ©ration du rythme par le simple fait que la jambe en extension n’est pas Ă mĂŞme de viser un point d’appui Ă©loignĂ© alors qu’en dĂ©roulant le pied Ă partir du talon, il est possible de projeter la jambe plus loin.
S’affranchir de la condition du bipède
Sauf à ce que les historiens ou les ethnologues prouvent le contraire, je suppose que l’usage des bâtons est exclusif à notre époque prétendue moderne et en particulier aux pays dits avancés qui les ont inventés très récemment. Il rebat les cartes et donne de nouvelles possibilités au coureur qui dispose désormais de 4 appuis potentiels au lieu de 2 pour se mouvoir.
Au fil du temps, je me suis aperçu que les bâtons que je réservais initialement au ski et à la randonnée, présentent de nombreux avantages pour le trailer :
- Ils soulagent les muscles des jambes en contribuant Ă amortir et Ă sĂ©curiser chaque foulĂ©e, en particulier Ă la descente pour peu qu’elle soit raide et exposĂ©e. En montĂ©e, ils permettent de mobiliser la force des bras pour hisser la masse du coureur sur la pente, limitant ainsi l’effort attendu des autres parties du corps et en l’occurrence des membres infĂ©rieurs. Pour ce faire, il peuvent ĂŞtre utilisĂ©s en traction lorsqu’il(s) devance(nt) chaque foulĂ©e en allant chercher un(des) appui(s) haut(s) situĂ©( s)en amont du coureur, Ă moins que ce soit le(s) bras aval(s) qui parachève(nt) la foulĂ©e prĂ©cĂ©dente en prenant le relai de la jambe arrière pour une phase ultime de propulsion. En montĂ©e comme en descente, les bâtons permettent ainsi au trailer de progresser Ă une vitesse supĂ©rieure tout en Ă©conomisant ses forces.
- En amortissant chaque foulĂ©e, ils prĂ©servent les articulations des genoux, des hanches et du dos dont la « durĂ©e d’utilisation » sera de ce fait prolongĂ©e. Trop nombreux sont ceux de mon entourage, qui ont du mettre un terme Ă leur carrière de coureur du fait de genoux ruinĂ©s au terme de nombreuses annĂ©es d’appui sur l’arrière du pied. L’usage de bâtons leur aurait permis d’absorber une part des impacts pour prĂ©server leurs articulations.
- Ils stabilisent le coureur qui bénéficie d’un 3ème point d’appui grâce auquel son équilibre est garanti quel que soit le terrain. De la même façon qu’un grimpeur sécurise une position précaire en veillant à ne lâcher la paroi que d’une main ou d’un pied à la fois, le trailer qui progresse en terrain technique, gagne à s’appuyer sur le triangle de sustentation que ses bâtons rendent possibles. Ce gain de sécurité est en outre une condition à la décontraction qui se traduit par une moindre dépense d’énergie sur la durée.
Lorsque le terrain devient accidentĂ© au point qu’il n’est plus possible de s’appuyer sur les bâtons, par exemple lors du franchissement d’un couloir d’avalanche formĂ© par des blocs espacĂ©s, les bâtons font office de contre poids très pratique pour s’Ă©quilibrer, Ă la manière d’un funambule qui utilise une barre transversale. - En cas de chute, l’un des bâtons permet gĂ©nĂ©ralement de se rĂ©tablir ou tout au moins d’amortir l’impact. C’est particulièrement vrai en descente sur terrain accidentĂ©, oĂą le risque de tomber sur les fesses peut ĂŞtre sanctionnĂ© par une fracture du coccis ou pire, par un tassement de vertèbres Ă partir d’un certain âge.
- Lorsque le terrain est accidentĂ© au point que les appuis possibles pour les pieds sont rares et espacĂ©es, les bâtons permettent en s’appuyant dessus, d’allonger la foulĂ©e pour viser un appui distant qui serait plus adaptĂ©. Par ce biais, le coureur a davantage de combinaisons possibles Ă sa portĂ©e pour optimiser sa trajectoire et donc sa vitesse – Ă moindre dĂ©pense musculaire – tout comme un grimpeur est avantagĂ© par sa grande taille sur une paroi qui serait avare de prises. De mĂŞme qu’en VTT ou en ski, j’explique plus bas comment il devient possible avec l’expĂ©rience, de viser une trajectoire harmonieuse en sĂ©lectionnant une sĂ©rie d’appuis disposĂ©s au plus près de l’axe de progression.
- Les bâtons facilitent parfois le transfert d’une foulée sur l’autre, de la force d’inertie du corps en mouvement. Ils prennent de la sorte le relai des jambes pour véhiculer cette ressource décisive pour le coureur, que constitue son impulsion. A ce sujet, je fournis quelques explications dans le paragraphe consacré à la gestion de la trajectoire.
- Last but not least, les bâtons sont pratiques sur terrain broussailleux pour tenir à distance une végétation épineuse ou urticante qui freinerait la progression.
Comme vous pouvez le deviner à la lecture de cette liste, je m’oppose au point de vue des spécialistes qui sont mitigés quant à l’utilité des bâtons en ne leur reconnaissant que le premier des avantages que j’ai cités ci dessus, à savoir celui de la contribution des bras pour hisser la masse du coureur dans les côtes. A ma connaissance, c’est la conclusion définitive et restrictive à laquelle sont parvenus les chercheurs qui se sont penchés sur la question et c’est je suppose la raison pour laquelle une grande majorité de trailers recourent aux bâtons à cette fin uniquement.
Pour un usage efficace de ces accessoires, je trouve optimal d’appliquer au trail le principe du ski de fond qui consiste Ă poser le bâton juste avant le pied d’appui. Le dĂ©lai qui sĂ©pare l’impact du bâton de celui du pied dĂ©pend logiquement de la vitesse. Il est de l’ordre d’une fraction de seconde lorsque le coureur est lancĂ©. Je me souviens d’un moniteur de ski de fond qui recommandait en pas de un, d’être Ă l’écoute du bruit de ces impacts successifs qui devait rappeler dans l’idĂ©al, celui d’un couteau Ă pain qui dĂ©bite des tranches…tchac tchac.. Le fait de satisfaire cette condition est indispensable pour que les bâtons soient en mesure de remplir correctement les diffĂ©rentes fonctions qui leurs sont dĂ©volues.
Pour que l’appui soit stable et que les bâtons ne faussent pas la position d’ensemble du corps qui a tout intérêt à rester symétrique, je trouve pratique d’avoir les deux mains au même niveau et je suis d’avis que ce niveau soit adapté à la déclivité.
Sur terrain plat oĂą les bâtons peuvent Ă©ventuellement soulager les jambes d’un coureur Ă©reintĂ© qui marche d’un bon pas, je trouve idĂ©ale une hauteur des mains telle que les avant bras soient proches de l’horizontale, tout comme pour le ski de descente oĂą on recommande l’orthogonalitĂ© Ă l’endroit de l’articulation des coudes. De cette manière, la portĂ©e des bâtons sera maximisĂ©e Ă l’avant comme Ă l’arrière pour que les bras contribuent Ă l’effort de manière continue en palliant notamment l’absence de poussĂ©e de la part des jambes au moment du transfert. Tandis que le bâton aval prend le relais de la jambe arrière pour la propulsion – Ă la condition de respecter le lĂ©ger retard entre son impact et celui du pied – le bâton amont sĂ©curise en outre l’appui sur l’avant pour Ă©viter au coureur de trĂ©bucher.
Lorsque les bâtons sont mis à contribution pour hisser la masse du coureur dans les côtes, la force de traction des bras est augmentée si les mains sont en position haute grâce à un couple de force supérieur au niveau des articulations des épaules et des coudes. C’est la raison pour laquelle j’utilise des bâtons dont la grande longueur correspond au niveau de mes aisselles.
En descente raide et accidentĂ©e, je prĂ©conise Ă l’inverse une position basse avec des avant bras proches de l’horizontale afin que le buste penchĂ© vers l’avant et les jambes flĂ©chies, le trailer bĂ©nĂ©ficie d’une assise stable et soit en mesure d’absorber l’impact traumatique des foulĂ©es avec ses cuisses – tout comme en ski sur une pente abrupte. Cette posture lui permettrait en outre de se rĂ©tablir pour le cas oĂą l’une de ses jambe dĂ©raperait vers l’avant.
Comme en ski de randonnĂ©e lorsqu’on progresse en travers de la pente, il est pratique de positionner la main du bâton amont en position basse tandis que la main opposĂ©e est placĂ©e Ă l’extrĂ©mitĂ© du bâton aval. De cette façon, les mains sont situĂ©es au mĂŞme niveau, au bĂ©nĂ©fice de l’aplomb d’ensemble du coureur qui reste droit et par consĂ©quent Ă©quilibrĂ©.
Afin de pouvoir déplacer librement la main le long des bâtons, je prends soin de ne pas utiliser les dragonnes. Si par malheur l’un d’entre eux se coinçait dans un trou, j’écarte ainsi le risque de buter dessus et le briser, à la condition de lâcher prise immédiatement. Sans cette précaution, la durée de vie de mes bâtons en carbone serait éphémère.
Si d’aventure l’extrĂ©mitĂ© venait Ă se rompre, il est facile de la remplacer en raccourcissant chaque brin Ă l’aide d’une scie Ă mĂ©taux pour recoller Ă leur extrĂ©mitĂ© une paire de pointes renforcĂ©es au carbure de tungstène. A cet effet, le collage d’une rĂ©sine Ă©poxy bicomposants prĂ©sente l’avantage d’ĂŞtre rĂ©versible Ă la chaleur.
Je n’utilise pas les bâtons dans les passages escarpés au point que l’usage des mains est requis. Dans ces situations, ils sont arrimés dans le dos à mon système de portage avec les poignées vers le bas en prenant garde à ce que ces dernières soient suffisamment hautes pour ne pas entraver le mouvement des jambes.
Sur les portions prolongées où l’accélération est possible, je porte généralement les bâtons à bout de bras en les utilisant comme contre-poids afin d’équilibrer le mouvement du coté opposé du bassin, ce qui réduit avantageusement son débattement.

Néo-quadrupède imparfait dans la mesure où ses membres nouveaux sont dénués de muscles et d’articulations, le traileur équipé de bâtons a l’avantage sur le bipède, d’un éventail de techniques de progression bien plus large et limité principalement par son imagination.
La variété des types de foulée, l’adaptation de leurs amplitude et cadence ainsi que la contribution des membres additionnels que constituent potentiellement ses bâtons, lui permettent d’aborder tous les reliefs sur tout type de terrain en privilégiant sa vitesse tout en minimisant sa dépense d’énergie et ce sans risque de chute ou de traumatisme.
Au professionnels qui objecteront que les techniques dĂ©crites dans ce blog ne sont pas plus naturelles que l’usage des bâtons, je rĂ©ponds qu’elles ont fait leurs preuves puisqu’elles m’ont permis de surpasser en trail plusieurs de mes amis dont la condition physique est manifestement supĂ©rieure Ă la mienne, ainsi qu’en tĂ©moigne leur niveau de performance en ski de fond.
4 groupes musculaires dominants pour 4 pas de base
Tout comme un musicien dispose de notes qu’il peut agencer de multiples manières dans le temps pour composer des accords qui sonnent et produisent in fine une mélodie agréable à l’oreille, le trailer peut puiser à volonté dans le nombre considérable de muscles et d’articulations dont il est doté par mère nature, pour dessiner des mouvements cohérents et tracer ainsi une trajectoire harmonieuse.
Au fil du temps, je me suis aperçu que certaines combinaisons – comparables aux accords du musicien – s’imposent d’elle mĂŞmes parce qu’elles procurent justement le meilleur rendement dĂ©fini par une vitesse maximale obtenue Ă moindre dĂ©pense musculaire. Lorsqu’ils confèrent un avantage au trailer, certains principes de progression empruntĂ©s Ă d’autres activitĂ©s, trouvent insidieusement leur place dans sa gestuelle sans qu’il en soir conscient.
En l’occurrence, les mouvements qui sont détaillés plus bas, se nourrissent de mon expérience de disciplines telles que la randonnée, le VTT ou le ski. Au ski de fond, j’emprunte par exemple le principe du transfert que j’applique au trail selon des modalités légèrement différentes. Il est par ailleurs essentiel à la gestion de la trajectoire pour laquelle je m’inspire non seulement de cette activité, mais aussi de celle du VTT.
Au cĹ“ur de ma pratique, les 4 mouvements dĂ©crits ci dessous reprĂ©sentent Ă mon sens des combinaisons de base optimales que je mets en pratique au grĂ© des diffĂ©rentes situations rencontrĂ©es. Afin de simplifier mon propos, j’ai donnĂ© un nom Ă ces pas de base que j’ai codifiĂ©s. Chacune d’entre eux privilĂ©gie un groupe musculaire spĂ©cifique puisqu’ils mobilisent exclusivement la partie infĂ©rieure des jambes, les moyens fessiers, les dorsaux ou les quadriceps :
– Les jambes pour le pas de terrain roulant qui convient aux portions plates comme aux descentes modĂ©rĂ©es.
– Les moyens fessiers pour le pas de faux plat.
– Les dorsaux pour le pas de montĂ©e raide.
– Les quadriceps pour le pas de descente raide.
lorsque l’effort à produire s’accroît à mesure que la pente augmente, il est judicieux de recourir à ces mouvements de manière graduée en sollicitant dans la mesure du possible, les muscles qui offrent un rendement croissant : les muscles des jambes avant les moyens fessiers puis les dorsaux en dernier ressort.
Autour de ces pas de base, je propose diffĂ©rentes variantes adaptĂ©e au contexte. Ils peuvent ĂŞtre compatibles avec un dĂ©ploiement des mollets, une extension des moyens fessiers, un balancement vertical du buste ou un usage des bâtons selon des modalitĂ©s variables. ComplĂ©mentaire Ă l’effort du groupe musculaire principal, la contribution marginale de ces mouvements auxiliaires peut s’étaler sur une ou plusieurs foulĂ©es.
Afin d’assimiler ces diffĂ©rentes techniques pour que la mĂ©moire corporelle puisse les reproduire de manière automatique par la suite, je les pratique de manière dissociĂ©e en me concentrant sur quelques points clef de vigilance. Cette discipline est indispensable pour le pas de faux plat et le pas de montĂ©e raide qui ne sont pas naturels et pour lesquels je m’inspire respectivement du ski de fond et de la randonnĂ©e pĂ©destre. Ce qui fait de cette dernière activitĂ© une excellente prĂ©paration au trail en terrain montagneux. CentrĂ© sur la perception de mon corps, je travaille chacun de ces pas de base – Ă©ventuellement assorti de ses diffĂ©rentes variantes – suffisamment longtemps pour en percevoir physiquement les bĂ©nĂ©fices. Au fil de cette pratique mĂ©thodique et assidue, le corps Ă©limine de lui mĂŞme les mouvements parasites qui sont dissonants. Avec le temps, il convoque de lui mĂŞme le geste Ă©purĂ© qui s’avère ĂŞtre le plus adaptĂ© Ă chaque situation.
Comme en musique, l’enjeu est de faire ses gammes pour ĂŞtre libre d’improviser par la suite, Ă l’instar d’un musicien de jazz. Comme ce dernier, le trailer dispose d’un nombre infini de combinaisons Ă©tant donnĂ©e la complexitĂ© du corps qui lui offre des possibilitĂ©s illimitĂ©es. Celles que je propose dans ce blog sont loin d’ĂŞtre exclusives et n’interdisent pas d’en explorer d’autres qui viendraient Ă l’esprit de pratiquants inspirĂ©s.
Le pas de terrain roulant
Sur les portions plates comme en descente modĂ©rĂ©e, je recommande de privilĂ©gier les foulĂ©es bondissantes qui sont fondĂ©es sur un appui sur l’avant du pied qui vise Ă absorber l’Ă©nergie de l’impact pour la restituer vers l’avant. Cette action dynamique des mollets est accompagnĂ©e de celle des moyens fessiers, au dĂ©triment des muscles forts tels que les cuisses et les dorsaux qu’il n’est pas utile de mobiliser dans la mesure oĂą il n’est pas nĂ©cessaire de porter plus haut la masse du trailer. A la condition d’amorcer la foulĂ©e par l’avant, une posture adaptĂ©e se met naturellement en place d’elle mĂŞme sans qu’il soit nĂ©cessaire de se rĂ©fĂ©rer Ă des points de vigilance. Eric Orton rappelle Ă juste titre que les enfants que nous avons tous Ă©tĂ© Ă une Ă©poque lointaine, courent de cette manière naturellement.
Je résume la séquence des différentes phases de cette technique telle que la décrit Eric Orton :
- Tandis que le buste reste bien droit, le pied d’appui se pose sur le gras de la plante situĂ© aux abords du gros orteil, avant que la cheville qui reste en deçà de l’aplomb du genou, ne retienne la descente du talon pour qu’il amortisse l’impact jusqu’au moment oĂą il entre en contact avec le sol, genou flĂ©chi.
- Toujours redressĂ©, le corps doit Ă©viter de basculer vers l’avant pour ne pas opposer de rĂ©sistance Ă l’extension de la jambe d’appui qui dĂ©pend de l’action des muscles du pied et du mollet, tandis que les moyens fessiers assurent la cohĂ©sion de la posture d’ensemble qui doit ĂŞtre contenue par un gainage efficace.
- Pendant que la jambe d’appui exerce sa poussĂ©e jusqu’Ă l’instant oĂą les orteils se contractent pour amorcer l’impulsion, le genou de la jambe opposĂ©e remonte d’autant plus haut que la vitesse est Ă©levĂ©e, entrainant le bas de la jambe qui reste en retrait. Il parvient au faĂ®te de son dĂ©placement au moment mĂŞme oĂą la jambe d’appui est au maximum de son extension. Au cours de cette phase, les hanche sont ouvertes, le buste est redressĂ© et les abdominaux contractĂ©s tout comme les fessiers.
- A l’instant dĂ©cisif de l’impulsion pendant lequel les pieds sont en suspension, ce sont principalement les muscles du mollet qui restituent l’Ă©nergie accumulĂ©e prĂ©cĂ©demment sous la forme d’une accĂ©lĂ©ration qui est d’autant plus forte que la distance entre le pied d’appui et le genou opposĂ© est Ă©levĂ©e. Le fait de projeter plus en avant la jambe libre n’augmente pas la vitesse.
Au cours de ces diffĂ©rentes Ă©tapes, l’oscillation des bras d’avant en arrière qui est symĂ©trique de celle des hanches, doit ĂŞtre Ă l’unisson avec les jambes et suffisamment fluide pour ne pas nuire Ă l’amplitude du geste d’ensemble qui doit se faire de manière dĂ©tendue. Leur balancement de part et d’autre du buste ouvert est articulĂ© sur l’axe des Ă©paules maintenues perpendiculaires Ă l’axe de progression.
Lorsque la fatigue se fait sentir – en fin de parcours notamment – il est judicieux d’une part de rĂ©duire la cadence et l’amplitude des foulĂ©es qui se font traĂ®nantes et d’autre part, d’abaisser les mains au dessous du niveau de la ceinture.
En dernière extrémité, il peut être opportun d’abandonner le pas de terrain roulant pour adopter le mouvement de la marche en déroulant le pied à partir de l’arrière tout en maintenant un rythme suffisamment rapide afin d’être à la limite du déséquilibre qui marque la frontière avec la course. A ce stade, les bâtons peuvent éventuellement prendre en charge une part de l’effort assumé par les jambes pour supporter la masse corporelle. Courbé vers l’avant, le coureur épuisé gagne ainsi à progresser littéralement à quatre pattes, en appui permanent sur trois points.
En descente, les foulées bondissantes conviennent aux reliefs légèrement inclinés. Mais dès lors que le risque de chute se présente en raison de la fatigue et ce d’autant plus que le terrain est jonché d’obstacles sur lesquels le coureur pourrait buter, je recommande d’adopter le pas de descente raide décrit plus bas. Une posture crispée est le signe avant coureur que cette adaptation s’impose.

Le pas de faux plat
Comme son nom l’indique ce mouvement est approprié pour les pentes modérées à la condition que le terrain soit « roulant », à savoir qu’il ne soit pas jonché d’obstacles qui imposent une gestion chaotique des appuis au sol.
Au lieu des quadriceps que tout un chacun sollicite naturellement, ce sont principalement les moyens fessiers qui sont mobilisés pour hisser en amont la masse du coureur. Utilisés comme moteur d’une translation du bassin, il permettent de charrier tour à tour ses cotés gauche et droit qui entraînent les autres parties du corps à leur suite. Dans une symétrie parfaite, le mouvement de balancier des bras équilibre strictement ce balancement latéral du bassin. Chacun d’entre eux compense ainsi la position de la hanche opposée en s’avançant lorsqu’elle recule.

Afin d’épargner tout effort aux quadriceps, il faut Ă©viter de dĂ©plier les cuisses et veiller pour cela Ă maintenir constante la hauteur de la taille par rapport au sol. Pour le mĂŞme motif, l’inclinaison du buste doit ĂŞtre constante. Si la vitesse est soutenue, la position de ce dernier doit se rapprocher de la verticale.
Le buste étant redressé et ouvert, les poumons sont libres de se déployer à leur guise, ce qui permet au coureur d’exploiter pleinement sa capacité respiratoire. Il peut ainsi découpler le mouvement de la respiration de celui du pas. En d’autres termes, les inspirations et expirations ne coïncident pas avec les appuis au sol.
Une cadence régulière est essentielle pour ne pas s’essouffler. L’exploitation de la force d’impulsion étant une ressource clef de cette allure, la régularité évite de perdre le bénéfice de cet élan providentiel et ce d’autant plus que la vitesse est élevée.
Marqué par un balancement latéral symétrique et cadencé de la taille que les membres supérieurs et inférieurs équilibrent par leur placement opposé, le pas de faux plat n’est pas sans rappeler le trot du cheval. Il en a l’aspect automatique pour la simple raison qu’il repose sur le même principe de translation. Si j’ai pratiqué l’équitation dans mon enfance, c’est néanmoins le ski de fond qui m’inspire cette allure proche du pas de un. Elle nécessite au préalable un renforcement du gainage. Répétitive et cadencée, elle présente un caractère ennuyeux qui requière un effort de concentration lorsqu’elle se prolonge, sous peine de buter sur un obstacle et de voler dans la poussière. A défaut de réussir son pas de faux plat, le coureur encoure alors le risque d’un plat de faux pas !
La mise en branle de trois mouvements auxiliaires permet de solliciter d’autres muscles qui viennent graduellement en renfort des moyens fessiers si besoin :
1) A la condition que la pente rĂ©gulière soit modĂ©rĂ©e et le tonus au rendez vous, les mollets sont apprĂ©ciables pour relancer le coureur d’une foulĂ©e sur l’autre. Comme pour le pas de terrain roulant, l’appui sur l’avant permet d’exploiter l’élasticitĂ© des jumeaux qui absorbent l’énergie de l’impact pour la restituer sous la forme d’un gain de dĂ©nivelĂ© positif. Aussi modeste soit il, ce gain est apprĂ©ciable car en trail, la moindre parcelle d’Ă©nergie Ă©conomisĂ©e est prĂ©cieuse. Le raccourcissement des foulĂ©es qui va de pair avec un relèvement de la cadence, mobilise davantage les mollets qui prennent le pas sur les moyens fessiers.
Lorsque les conditions précédentes ne sont pas réunies pour permettre une gestion dynamique de la course au moyen des mollets, le trailer a tout intérêt à adopter une foulée plus économe en posant le pied à plat, de sorte qu’un verrouillage de la cheville s’oppose au retrait du mollet. Ce dernier s’avancera alors sous l’effet de la mise en tension du muscle tibial antérieur, au profit de l’élévation de la masse du coureur dans la pente.
2) Pour hisser la masse du coureur en amont, le concours des bras est par ailleurs bienvenu. Chacun des bâtons travaille en synergie avec le cotĂ© opposĂ© du bassin. ComplĂ©mentaire de la hanche qui est Ă l’arrière, le bâton opposĂ© est ancrĂ© en amont pour que le bras puisse exercer un mouvement de traction qui soulage les moyens fessiers d’une partie de l’effort. A partir du moment oĂą le coureur dĂ©passe le point d’appui de ce bâton qui se situe dès lors en aval, il imprime une poussĂ©e sur ce dernier pour accompagner le travail de la hanche opposĂ©e jusqu’au terme de son dĂ©placement. Ce partage de l’effort entre les bâtons et les moyens fessiers qui vise Ă assurer une continuitĂ© dans l’effort de propulsion, me semble ĂŞtre la base de la marche nordique.
Lorsque la vitesse augmente, le rythme impose de découpler le mouvement des bâtons de celui du bassin, sous peine de devoir subir une allure heurtée à la fois inconfortable et inefficace par manque de coordination. Dans ce cas, le mouvement des bras s’étale sur deux à quatre mouvements de bassin.
A partir d’une certaine vitesse, il n’est plus possible d’utiliser les bâtons qu’il est préférable de porter à bout de bras afin de réduire l’amplitude du balancement en tirant profit de leur poids.
3) Au delà d’un certain degré d’inclinaison de la pente, les dorsaux contribuent à l’élévation de la charge du buste sur le principe du pas de montée raide que décrit le prochain paragraphe. Je vous laisse découvrir plus bas ce principe de progression qui passe par une mise en mouvement du buste dont l’inclinaison n’est plus figée. Il est possible d’étaler son mouvement de révolution sur deux à quatre pas de faux plat, comme pour les bâtons ci dessus.
Afin de rĂ©partir l’effort sur chacune des deux jambes, je recommande de changer pĂ©riodiquement de pied d’appel, tout comme pour en pas de un en ski de fond. Toutes les dix foulĂ©es par exemple, il faut prendre soin d’alterner le pied qui vient en premier au contact du sol lors de l’ancrage du bâton amont, au moment prĂ©cis oĂą le buste est Ă son point le plus bas. Il est Ă©galement possible de changer de pied d’appel Ă chacune des rĂ©volutions du buste Ă la condition qu’elles soient rythmĂ©es sur un nombre impair d’appui des bâtons.
A ce stade de l’effort, inutile de prĂ©ciser qu’il n’est plus question de courir. A dĂ©faut de pouvoir compter sur l’impulsion dynamique produite par la vitesse au moyen des mollets, les pieds posĂ©s Ă plat stabilisent les appuis afin que le coureur redresse plus facilement le buste dans le second temps du mouvement.
Pour peu que la pente soit raide et qu’il dispose d’énergie en rĂ©serve, il peut associer Ă la translation du bassin, les deux derniers mouvements auxiliaires qui mobilisent Ă la fois ses bras et ses dorsaux. En exploitant ainsi la plupart des groupes musculaires disponibles pour hisser sa masse corporelle, il gagnera en rendement et partant de lĂ , en vitesse et ce Ă moindre dĂ©pense musculaire. Cette technique me permet sans peine de progresser plus vite que ceux de mes amis qui sont avantagĂ©s par une frĂ©quence cardiaque supĂ©rieure liĂ©e Ă leur plus jeune âge. Une oscillation du buste pour deux voire trois mouvements des bras permet d’atteindre sans peine le rythme de la marche nordique. L’optimisation du geste passe par une cohĂ©rence dans le jeu des diffĂ©rents mouvements auxiliaires. Lors du changement de pied d’appel dĂ©crit ci dessus, le bras change au moment prĂ©cis oĂą le bâton amont sert d’ancrage Ă chacune des foulĂ©es.
Le pas de montée raide
Cette allure s’est imposée naturellement au randonneur que j’étais, lorsqu’il était contraint de porter un sac à dos lourdement chargé qu’il était laborieux de charrier au moyen des cuisses, le long de longues abruptes prolongées.
Elle mobilise les dorsaux qui prĂ©sentent l’avantage sur les quadriceps et les moyens fessiers, d’une efficacitĂ© supĂ©rieure. Car le couple de force Ă l’endroit de l’articulation des lombaires est plus Ă©levĂ© qu’au niveau des hanches et des cuisses. C’est donc aux muscles forts situĂ©s au bas du dos qu’incombe la mission d’élever la charge situĂ©e au dessus de la taille en sachant qu’elle reprĂ©sente l’essentiel du poids du coureur.
La technique qui est adapté aux profils de pente marqués et ce d’autant plus que l’itinéraire est parsemé d’obstacles, se décompose en deux phases qui permettent de dissocier le déplacement des points appuis, de l’effort musculaire destiné à charrier plus haut la masse corporelle :
1) La 1ère phase vise Ă positionner les appuis du coureur en amont de la pente afin qu’il gagne en dĂ©nivelĂ©. Elle consiste Ă amener la jambe arrière au niveau de la jambe avant tout en abaissant le niveau des Ă©paules, avec une coordination parfaite de ces deux mouvements. AbandonnĂ© Ă la force de gravitĂ©, le buste s’incline naturellement vers l’avant de manière passive. Sa chute rend possible l’Ă©lĂ©vation simultanĂ©e des membres infĂ©rieurs sans qu’aucun effort de la part des cuisses ne soit requis. Synchrone de la jambe arrière lorsqu’elle s’avance, le bras opposĂ© vient en appui sur le bâton ancrĂ© en amont – Ă©ventuellement situĂ© au dessus de la ligne des Ă©paules – qui permettra au coureur de se rĂ©tablir lors de la seconde phase. Lorsque la dĂ©clivitĂ© est importante ou les points d’appui distants, il est possible d’avancer simultanĂ©ment les deux bras au mĂŞme niveau afin d’augmenter la portĂ©e de la foulĂ©e, de manière Ă se retrouver littĂ©ralement Ă quatre pattes, le corps en appui sur les bâtons Ă l’avant. Au terme de la première phase, le gain de dĂ©nivelĂ© des jambes est acquis mais celui du centre de gravitĂ© est marginal et le coureur est en appui sur les bâtons. Ils sont positionnĂ©s Ă l’avant et Ă l’arrière du coureur lorsque son buste est moyennement inclinĂ© sur pente moyenne, Ă moins que ce dernier soit couchĂ© et qu’ils soient ancrĂ©s loin devant si la dĂ©clivitĂ© est très forte.
2) La 2ème phase est une phase de rĂ©tablissement qui consiste Ă hisser Ă la force des dorsaux la masse situĂ© au dessus de la ceinture – c’est Ă dire l’essentiel du poids du corps – tandis que les membres infĂ©rieurs et les bâtons forment un socle stable et robuste sur lequel le corps peut s’appuyer. Soutenu par le triangle de sustentation formĂ© par ces appuis, le coureur Ă©lève le buste par une mise en tension des dorsaux accompagnĂ©s par un effort des bras. Ce geste a pour effet de ramener les fesses vers l’avant, ce qui prĂ©sente l’avantage de provoquer mĂ©caniquement le redressement des jambe.
En poussĂ©e sur les bâtons, ses bras se tendent pour accompagner les dorsaux dans leur effort tout en transfĂ©rant de façon dynamique autant que possible, l’Ă©nergie cinĂ©tique du buste qui s’abandonnait Ă son poids lors de sa chute, vers l’avant puis vers le haut.
Alors qu’il Ă©tait repliĂ© Ă l’issue de la 1ère phase avec un arrondissement marquĂ© de la colonne devenue convexe autant que faire se peut, le corps se dĂ©plie progressivement au cours de la 2ème phase. A partir des dorsaux les plus forts qui sont ceux des lombaires, la colonne se dĂ©roule. Éventuellement concave au dĂ©but du mouvement, la colonne adopte un profil convexe en se dĂ©roulant afin de maximiser la contribution des muscles dorsaux tout en capitalisant sur l’élan acquis par le buste lors de sa chute. ComplĂ©mentaire de la contribution marginale des quadriceps, cet effort des dorsaux rend possible l’élĂ©vation du centre de gravitĂ© et partant de lĂ , le gain de dĂ©nivelĂ©. Au terme du mouvement, le coureur est redressĂ© de l’extrĂ©mitĂ© de sa jambe arrière jusqu’aux Ă©paules.
La technique d’ensemble s’apparente Ă celle du pas de un pour lequel le skieur de fond mobilise en outre les moyens fessiers. Très efficace, ce geste complexe met Ă contribution de manière Ă©quilibrĂ©e le dos du trailer, ses bras, puis ses cuisses et Ă©ventuellement les moyens fessiers tout en tirant parti de l’Ă©nergie cinĂ©tique. Alors que les mollets venaient en renfort des moyens fessiers en pas de faux plat, ce sont les bras qui sont mobilisĂ©s en prioritĂ© dans le cas du pas de montĂ©e pour assister les dorsaux. Pour maximiser leur contribution afin qu’ils accompagnent le mouvement au long de chacune de ses Ă©tapes, il est pratique d’exploiter au mieux le jeu de l’articulation des coudes de sorte que la fin de l’appui sur le bâton arrière coĂŻncide avec l’ancrage du bâton avant. Une fois l’inversion du sens d’orientation de bâtons effectuĂ©e, le bras arrière est en extension tandis que le bras avant est repliĂ© au maximum.
Lorsque le terrain permet de poser le pied amont Ă une courte distance du pied arrière, une variante du pas de montĂ©e raide permet de minimiser la contribution des dorsaux en mobilisant les mollets et les moyens fessiers. Afin que la jambe arrière s’Ă©lève Ă hauteur de la jambe avant, l’extension de son mollet relayĂ©e par une translation verticale du moyen fessier homologue, permet d’Ă©lever le centre de gravitĂ© jusqu’Ă ce que le bassin soit d’aplomb. De cette façon, il est possible de progresser Ă petit pas sur pente raide Ă moindre effort.
Tout comme en skating, le mouvement du pas de montée raide est asymétrique, ce qui rend possible un changement de pied d’appel périodique pour répartir l’effort entre chaque jambe.
Pratiquée à la vitesse de la marche car il n’y a pas d’avantage à courir sur un sentier raide et de surcroit accidenté, cette allure rend possible les ruptures de rythme qui permettent de varier la portée des foulées au gré des contraintes du terrain lorsqu’il est parsemé d’obstacles.
Le pas de descente raide
Comme en ski en descente lorsqu’elle est raide et pour les mĂŞme motifs, je veille Ă maintenir les jambes flĂ©chies et le buste penchĂ© vers l’avant. L’essentiel de sa masse est Ă©ventuellement retenue par les bâtons qui sont prĂŞts Ă retenir le coureur qui chuterait. Entre chacun de leurs appuis successifs, les pieds progressent par petites foulĂ©es. Ils sont alors en mesure d’aller chercher un appui lointain parce qu’il est moins prĂ©caire ou qu’il permet d’allonger la foulĂ©e. Cette position Ă©vite ainsi de choir sur le dos ou pire sur les fesses, au risque d’un traumatisme tel qu’une fracture du coccyx ou un tassement de vertèbre.
La contrepartie est une plus grande sollicitation des quadriceps qui est en partie compensĂ©e par l’appui des bras sur les bâtons. Pour leur Ă©pargner une partie de l’effort nĂ©cessaire au freinage, il est prĂ©fĂ©rable de ralentir le moins possible la masse du coureur qui doit viser la vitesse maximale qui le prĂ©serve de la perte d’Ă©quilibre.

Pour une gestion harmonieuse de la trajectoire
Mon expĂ©rience du VTT et du ski de fond m’a fait prendre conscience du fait que le principe de base d’une trajectoire efficace est de ne jamais cĂ©der de terrain en reculant ou en abaissant la masse corporelle hissĂ©e au prĂ©alable. D’autre part, une progression harmonieuse et coulĂ©e – sans rupture de rythme – permet de capitaliser sur la force d’impulsion et ce d’autant plus que l’allure est rapide. Par consĂ©quent, le transfert de cette forme d’énergie vers l’avant et vers la haut est un point clef de l’optimisation des foulĂ©es du trailer.
Le fait qu’il n’y ait aucun sens Ă devoir hisser de nouveau la charge qui aura Ă©tĂ© charriĂ©e prĂ©cĂ©demment, interdit au coureur d’abaisser son centre de gravitĂ©. Le verrouillage de la position acquise est donc essentiel pour Ă©viter de perdre le bĂ©nĂ©fice de l’effort consenti au prĂ©alable pour l’atteindre. C’est pourquoi je veille en montĂ©e, Ă maintenir le bassin Ă un niveau au moins Ă©gal Ă celui auquel je l’ai amenĂ© prĂ©cĂ©demment. Afin de prĂ©venir le retrait de ce dernier, il est efficace d’ancrer fermement le ou les bâton pour ĂŞtre en mesure de tirer ou de s’appuyer dessus selon qu’ils sont devant ou derrière. En outre, un appui du pied Ă plat permet de verrouiller la cheville pour Ă©viter le recul de la jambe amont.
Au long d’un parcours marquĂ© par l’alternance de creux et de bosses, il est pratique de se laisser descendre passivement sous l’effet de la gravitĂ© pour ĂŞtre en mesure d’exploiter l’élan acquis au fil de la pente lorsqu’on amorce la montĂ©e suivante en vue du franchissement de la bosse. Pour Ă©viter de fatiguer inutilement les quadriceps en descente, il leur faut relâcher progressivement la tension qui freine le coureur, afin que ce dernier accĂ©lère de façon Ă viser la vitesse maximale sans risque de chute au point bas du relief. Ce dosage optimal entre effort et vitesse est la condition nĂ©cessaire pour minimiser la dĂ©pense d’énergie lors de la relance qui doit autant que faire se peut, permettre d’atteindre la bosse suivante Ă moindre effort. En d’autres termes, l’énergie cinĂ©tique doit entrainer le coureur au plus près de la bosse, afin que ses muscles prennent le relai pour combler l’Ă©cart le plus rĂ©duit possible avec son sommet. A son approche, il est nĂ©cessaire d’inflĂ©chir progressivement le buste vers l’avant pour soulager les jambes de son poids tandis que dans les creux, son redressement prĂ©pare le coureur pour la bosse suivante. Plus le relief est marquĂ© et plus il est nĂ©cessaire d’incliner le buste vers l’avant sur chaque bosse. Au fil des montagnes russes, le relâchement des quadriceps tout comme le dĂ©battement du buste sont affaire d’expĂ©rience et partant de lĂ , d’entraĂ®nement. Pour produire les rĂ©sultats attendus, l’enchaĂ®nement prĂ©cĂ©dent doit ĂŞtre envisagĂ© de façon dynamique sans rupture de rythme.
Cette mobilisation de la force d’impulsion du buste accompagnĂ©e d’une oscillation verticale du centre de gravitĂ© est ce qu’on fait intuitivement en VTT lorsqu’on progresse sur les singles, avec d’autant plus d’efficacitĂ© qu’on est en danseuse.
Il est contre productif de dépenser de l’énergie pour ramener la masse corporelle vers l’axe de la trajectoire dans la mesure où c’est vers l’avant que progresse le coureur. Sur un terrain accidenté au point qu’il impose aux jambes de viser des points d’appui distants de cet axe, le coureur doit donc jouer latéralement des différentes parties du haut du corps pour maintenir son centre de gravité au plus près de la trajectoire. A la manière d’un pantin désarticulé, il utilise ses hanches, épaules et bras pour équilibrer la position décentrée de ses jambes. En d’autres termes, il compense par l’extension des masses mobiles situées au dessus du bassin, le décalage de ses membres inférieurs par rapport à l’axe de progression. A vitesse modérée, l’appui des bâtons peut être bienvenu pour épauler le haut du corps dans cet effort d’équilibrage.
Sur les sentiers raides et/ou jonchĂ©s d’obstacles, il est souvent plus Ă©conomique de saisir toutes les prises de pied disponibles au plus près de l’axe de progression – moyennant une adaptation permanente de la cadence qui se fait saccadĂ©e lorsqu’elles sont rapprochĂ©es – plutĂ´t que d’espacer les foulĂ©es dans l’objectif d’une cadence rĂ©gulière qui serait atteinte au prix d’un effort musculaire superflu.
En dehors de ces sentiers qui limitent la vitesse, mieux vaut éviter une progression chaotique marquée par des ralentissements suivis d’accélérations brutale. Une rythme régulier permet de capitaliser sur la force d’inertie en exploitant au mieux le transfert.
Quelques conseils annexes
Au cours d’un trail, je veille à faire varier les différentes techniques de déplacement décrites ci dessus pour solliciter tour à tour les groupes musculaires disponibles. Il est nécessaire de tirer parti des portions de plat ou de descente pour relâcher les muscles qui auront été sollicités à la montée. Lorsque l’allure est asymétrique, le changement de pied régulier permet de répartir l’effort entre chaque jambe.
Afin de viser un équilibre adapté entre les différents groupes musculaires, je pratique séparément les différentes techniques décrites dans ce blog pour que la mémoire du corps assimile ces gestes et les convoque naturellement et à bon escient par la suite. Sans qu’on s’en aperçoive, le corps fera le choix de la technique la plus adaptée et en combinera plusieurs.
Afin que la boisson ait le temps d’ĂŞtre absorbĂ©e par l’organisme plutĂ´t que d’Ă©choir dans la vessie, il est essentiel de boire rĂ©gulièrement par petite gorgĂ©e sans attendre la sensation de soif. Les spĂ©cialistes qui recommandent aujourd’hui de se fier Ă ce signal uniquement, mettent en garde contre une hydratation excessive qui exposerait le coureur Ă un dĂ©ficit de sodium dans le sang – par effet de dilution – pouvant conduire Ă l’extrĂŞme, Ă l’œdème qui peut lui ĂŞtre fatal.

(1) Born to run, Chris Mc Dougall, Ed. Paulsen, nov. 2022
(2) No Limit, Eric Orton, Ed. Paulsen, mars 2017
(3) La clinique du coureur, Blaise Dubois, Ed. Mons, juin 2022