D’aucuns se réjouissent de la vague de froid inattendue qui marque ce début d’année, l’interprétant comme une atténuation de la menace du réchauffement. J’y vois personnellement une confirmation possible du dérèglement et je m’inquiète du risque de chaleurs extrêmes qui viendraient contrebalancer par un mouvement de balancier, ce décrochage momentané de la courbe de température.
Depuis l’ouverture de mon blog il y a un an et demi, je découvre dans le journal Le Monde que certaines idées exposées dans ces pages sont partagées par le climatologue belge Jean Pascal van Ypersele qui craint également que « le dérèglement climatique ne rende inhabitable une part de plus en plus grande de la planète ». Pourtant, le discours officiel dominant au sujet du changement climatique, persiste à mettre l’accent sur le réchauffement. En reléguant au second plan le dérèglement, cette manifestation peut donner l’illusion que certaines latitudes seront épargnées et que le phénomène sera progressif.
Certains climatologues de renom évoquent d’ailleurs la menace (confortable) d’une augmentation graduelle de la température à laquelle l’humanité s’accoutumerait jusqu’au seuil fatidique où la terre deviendra inhospitalière. A la faveur de l’actualité qui nous apprend régulièrement qu’un nouveau record est battu, nous découvrons que la communauté scientifique sous-estime de manière chronique l’ampleur du réchauffement. Les réserves que j’avais émises dans mon article du 23 octobre 2019 quant à sa compréhension du phénomène étaient pleinement justifiées. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que les experts sont très clairement dépassés par le caractère extraordinaire du changement climatique.
A la réflexion, leur impuissance à appréhender ce phénomène n’a rien d’étonnant.
Lorsque l’approche scientifique est fondée sur l’expérimentation ou l’analyse déterministe, elle se heurte à la complexité d’un phénomène global. Par nature multifactoriel, il s’avère insaisissable car trop complexe à reproduire ou à analyser.
Les milieux autorisés objecteraient que les nombreux modèles (déterministes) existants convergent vers les mêmes prédictions d’augmentation de la température moyenne. Je rétorquerais que le fait qu’ils conduisent aux mêmes conclusions ne suffit pas à démontrer leur pertinence. Elle est nulle s’ils sont fondés sur des hypothèses identiques et si ces hypothèses s’avèrent être fausse. C’est d’ailleurs ce qui se produit puisque la hiérarchie supposée des nombreux mécanismes en jeu dans le réchauffement est régulièrement remise en cause. Gageons qu’avec la découverte de nouveaux phénomènes tels que la dérive des courants marins ou une extinction probable de la vie dans les sols forestiers (cf. article du 26 décembre 2019), un renversement de cette hiérarchie de facteurs remettra sans nul doute en question leurs prédictions.
Lorsque la démarche des experts s’appuie sur l’analyse statistique, ils butent sur l’absence d’historique lié au caractère inédit et accidentel (parce d’origine qu’anthropique) du changement climatique extraordinairement rapide, en particulier lorsqu’il est étudié sous l’angle du dérèglement.
Tant que les prédictions de la communauté scientifique seront démenties par la réalité des mesures, elle devrait faire sienne la devise selon laquelle ce que je sais, c’est que je ne sais rien.
Guidé par une pensée « out of the box », le raisonnement simple exposé dans ce blog repose au contraire de celui des scientifiques, sur le bon sens commun qui a (peut être) des chances d’être moins faux que les analyses statistiques, approches déterministes et autres démarches expérimentales.

Cette approche pour le moins iconoclaste me conduit à échafauder une hypothèse terrifiante que je me hasarde toutefois à avancer, au risque de paraitre simpliste aux yeux des spécialistes du climat :
- Il y a 2,8 Milliards d’années, la biomasse a pu se développer parce que l’atmosphère primitive a été enrichie en oxygène grâce aux organismes photosynthétiques que sont les plantes et certaines algues.
La photosynthèse consiste dans le stockage de l’énergie lumineuse du soleil sous forme de sucre.
En consommant de l’eau et du CO2 et en rejetant de l’oxygène, c’est la chlorophylle qui assure cette fonction.
Par conséquent, ce sont les organismes photosynthétiques qui ont débarrassé l’atmosphère des origines d’une partie de son CO2 tout en fabriquant l’oxygène qui a permis au vivant de se développer par le mécanisme de la respiration. Car cette réaction inverse de la photosynthèse, consiste en effet à libérer l’énergie qui avait été stockée sous forme de sucre par les organismes photosynthétiques.
Au fil du temps, ces derniers ont été fossilisés sous la forme de gaz, pétrole et charbon. - Depuis l’ère industrielle il y a 2 siècles, l’humanité s’efforce de bruler les énergies fossiles pour libérer l’énergie dont a besoin son économie.
Comparable à la respiration, leur combustion est le moteur du changement climatique puisqu’elle revient à relarguer dans l’atmosphère le CO2 des origines tout en captant l’oxygène. - On peut se demander si l’émission du CO2 qui provoque l’effet de serre actuellement à l’œuvre, n’est pas un reset planétaire brutal. C’est à dire qu’en 2 siècle, l’humanité aura restauré les conditions atmosphériques qui prévalaient il y a 3 Milliards d’années.
Avec un retour de l’atmosphère à l’état qui la caractérisait avant l’émergence du règne végétal – à savoir une atmosphère chargée en CO2 mais dépourvue d’oxygène – je me demande si l’homme n’est pas en train train de rétablir les conditions qui sont incompatibles avec la vie.
Ce raisonnement simple me pose deux questions :
- Comment les scientifiques ont pu mettre en évidence une augmentation de la teneur en CO2 dans l’atmosphère sans pour autant détecter la moindre baisse de concentration en oxygène ? Ce fait est-il à mettre au crédit des climatosceptiques ?
- Le fait que l’augmentation du taux de CO2 est infime n’est il pas de nature à être également porté à leur crédit ? Car quant on y réfléchit, cette hausse estimée aujourd’hui à 100 ppm, frappe les esprits lorsqu’elle est exprimée dans cette unité. Sauf que 1 ppm correspond à 1 Partie Par Million et que 100 ppm ne représentent que 0,01 % d’augmentation d’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère.
Sauf à ce que les scientifiques aient pu démontrer par l’expérimentation que le passage de 300 à 400 ppm ait un impact significatif sur l’effet de serre, j’émets des doutes sur l’hypothèse d’un réchauffement principalement causé par les émissions en CO2 liées à la combustion des énergies fossiles. Je suppose qu’il est à l’origine d’autres réactions en chaine dont le cumul est la cause principale du déséquilibre d’un climat qui s’avère somme toute fragile et précaire.
Au printemps dernier, j’ai interpellé par e-mail une quinzaine de chercheurs (INRAE, CNRS, GIEC) et personnalités (Valérie Masson Delmotte, Jean Jouzel, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Bruno Parmentier) qui sont mobilisés sur la question climatique. Aucun de ces confrères n’ayant réagi aux hypothèses que j’ai soulevées dans ce blog, je m’interroge sur les causes de leur silence. Devoir de réserve me suggère un ami chercheur ? Malaise par rapport à ces idées ? Absence d’argument contradictoire ? Condescendance à l’égard d’un agronome étranger au monde de la recherche en climatologie ? Manque de temps ?
Leur mutisme est l’une des raisons pour lesquelles les lignes ne bougent pas d’un pouce. Fondées sur une mauvaise compréhension du phénomène, les solutions qu’ils proposent
me paraissent caduques.
Sceptique quant au diagnostic qui reste centré sur le réchauffement et partant de là sur des préconisations favorables à l’agriculture biologique et ses avatars ou à un simple décalage des cultures vers le nord ou en amont du calendrier de culture, j’ai prévu de mettre en ligne différents articles qui mettent en avant d’autres pistes d’adaptation.
Confrontée à un phénomène surnaturel d’ampleur géologique qui se manifeste soudainement à l’ère fugace de l’anthropocène, je doute que l’humanité puisse recourir à la fée nature pour le résoudre. Le mal étant d’origine anthropique, il appelle sans doute un remède de même essence et je doute par conséquent que nous puissions nous passer de la technologie pour surmonter la crise climatique.
Je me hasarderai dans les 3 articles à suivre, à explorer certaines voies rendues possibles par les high tech. Loin des lubies de la géo-ingénierie qui revient à jeter de l’huile sur le feu, il s’agit au contraire d’un usage vertueux du progrès technique envisagé sous l’angle d’un recours à une ingénierie « bas carbone ».

Ping : Solution caduque au changement climatique, l’emboisement de la planète répond surtout aux motivations inconscientes et subjectives de l’humanité qui lui donne du sens dans une logique économique de court terme uniquement – Le blog de
Ping : A défaut d’avoir un impact significatif sur le changement climatique, l’emboisement de la planète répond surtout aux motivations inconscientes et subjectives d’une humanité qui lui trouve par ailleurs du sens dans une logique économ
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