Sur l'auteur / About the author

Quelques convictions personnelles

Some personal convictions

La confrontation avec la nature qui nous renvoie à notre condition animale, nous permet d’entrer en contact avec nous-même et partant de là, d’accepter l’altérité. J’ai foi dans cette expérience comme condition première à l’établissement d’un lien à la fois soutenable et performant avec nos pairs, à l’heure où la relation d’objet utilitariste s’impose pour la majorité comme une évidence dans notre monde capitaliste.

Ce monde envisage les relations humaines sous l’angle d’une compétition que la théorie darwiniste aurait par ailleurs confirmé. Pourtant, certains éthologues découvrent aujourd’hui la supériorité de la coopération sur la compétition. Gagné par cette idée nouvelle et animé par les valeurs humanistes, je situe la vente comme le management – qui m’occupent au quotidien – dans le registre d’une relation d’aide.

Féru de plein air, J’aime l’idée de la marche telle que l’évoque Bruce Chatwin dans son anatomie de l’Errance en reprenant une idée de Pascal.
Je cite : En devenant humain, l’homme avait acquis, en même temps que la station debout et la marche à grande enjambées, une « pulsion » ou un instinct migrateur qui le pousse à marcher sur de longues distances d’une saison à l’autre. Cette « pulsion » est indissociable de son système nerveux et lorsqu’elle est réprimée par les conditions de la sédentarité, elle trouve des échappatoires dans la violence, la cupidité, la recherche du statut social ou l’obsession de la nouveauté. Voici pourquoi tous les grands maîtres spirituels ont placé le pèlerinage au cœur de leur message..

L’espèce humaine serait effectivement prédéterminée pour parcourir de longues distances d’après certaines découvertes récentes que j’évoque dans la rubrique consacrée au trail. Plus prosaïquement, je trouve dans cette pratique le moyen de reprendre la main sur le temps qui nous est confisqué par le progrès technique. La cadence que notre pesanteur imprime à nos foulées, nous permet d’en marquer la mesure afin qu’il soit en harmonie avec notre nature animale profonde.

La musique est une autre manière d’échapper à la frénésie de notre époque soit disant moderne qui nous impose à tout instant de traiter l’information passée tout en nous projetant dans l’avenir. Pour recentrer le corps et l’esprit sur l’instant présent, la pratique d’un instrument donne à nos mains le pouvoir de contrôler l’écoulement du temps par la maîtrise du rythme et du tempo. Monomaniaque de la guitare classique que je pratique au quotidien, j’aime à m’abandonner à l’écoute d’un autre genre musical qui invite à la liberté : le jazz.

L’élaboration des raisonnements disruptifs exposés dans ce blog est le fruit d’une prise de recul par rapport aux médias dominants. Le renoncement aux réseaux sociaux futiles, à la télévision ou aux flash d’information, me semble être une condition première à la liberté de pensée. Au nom de cette dernière qui passe par la réflexion de fond, je privilégie la presse écrite sur les programmes audiovisuels dont la cadence infernale nous donne l’impression de vivre en état d’urgence permanent, au mépris de toute hiérarchie de l’information. Pour autant, je n’écarte pas les contenus de qualité et je souscris d’autant plus volontiers aux podcasts et autres replays qu’ils nous laissent le choix non seulement des sujets, mais également de l’horaire d’écoute.

A l’heure où l’humanité connectée partage une représentation du monde univoque, cette distance aux écrans me semble être indispensable à l’élaboration d’une pensée autonome et partant de là, le meilleur rempart contre l’uniformisation qui conduit au communautarisme et à l’intolérance. Pour devenir soi même dans le respect de la diversité qui nous caractérise en tant qu’être vivant, l’expérience positive du contact avec la nature est sans aucun doute plus féconde que la fréquentation d’Internet où se perdent la grande majorité d’entre nous.

C’est pourquoi la montagne et les cordes pincées définissent mon univers sensoriel qui s’inspire entre autres muses de Léo Brouwer, Paul Bley, Erasme, Frans de Waal, Théodore Monod, Reinhold Messner ou Richard Powers pour son superbe roman intitulé « l’Arbre Monde » qui n’est pas sans évoquer l’œuvre inspirante d’Edward Abbey, génial auteur de Désert Solitaire.